Les questions de diversité divisent les péquistes

The PQ coming to terms with diversity, and its preference for a softer “encouragement” approach than one with more fixed objectives and processes:

Les 400 délégués du Parti québécois ont refusé dimanche d’appuyer les propositions phares destinées à attirer plus de Québécois d’adoption et de jeunes contenues dans le rapport « Faire partie de la solution » de Paul St-Pierre Plamondon.

Après que l’exécutif national eut rejeté les appels de l’ex-candidat à la chefferie du PQ à réserver des postes dans les exécutifs de circonscription à des personnes issues de la diversité, les délégués d’un conseil national spécial ont voté dimanche contre une proposition édulcorée proposant de « favoris [er] la présence d’au moins une personne de la diversité » dans cette instance.

Selon un militant de Saint-Henri–Saint-Anne, le PQ a raté une occasion en or d’« envoyer un bon message d’ouverture », et ce, moins d’un mois après avoir été taxé par des membres de Québec solidaire de « porter en lui » la « bête » du racisme.

Les délégués avaient été convoqués à Drummondville afin d’entériner la feuille de route d’accession vers l’indépendance avalisée par tous les membres des Organisations unies pour l’indépendance (OUI Québec). Mais, entre-temps, Québec solidaire a renié sa signature au bas de l’entente de principe. Le PQ s’adapte à cette « nouvelle conjoncture politique », a souligné le président sortant du PQ, Raymond Archambault.

Dans ce premier Conseil national « post-convergence », la déléguée de l’exécutif péquiste de la circonscription de Vachon, Marie Imatta Pierre-Lys, a appelé ses confrères et consoeurs à battre la proposition de M. St-Pierre Plamondon, puis à déployer toute leur énergie à rédiger un « beau programme qui va inclure tout le monde » en vue des élections générales de 2018. « Avant tout, je me considère comme une Québécoise. Que je sois noire ou femme, mes intérêts sont comme [ceux] de toutes les autres personnes. Si je me présente à un poste de conseillère, [il ne faut]pas que je sois favorisée parce que je suis noire, mais par d’autres qualités que j’ai », a-t-elle déclaré lors du débat.

L’émissaire de l’exécutif de Berthier, Patrick Gaétan Parent, a aussi voté contre la proposition de l’exécutif national, estimant que le concept de « diversité » prête à différentes interprétations : il n’est pas seulement ethnoculturel. « La diversité, c’est beaucoup plus que ça. C’est pas juste d’être noir. Ça, ça se voit vite quand on est noir », a-t-il illustré, suscitant des rires amusés… et des rires gênés.

Le résultat du vote, à main levée, était flou. « Proposition rejetée », a pourtant lancé le président d’assemblée sous le regard ébahi de M. St-Pierre Plamondon. « Je pensais qu’il [le vote] avait passé », a-t-il dit dans un impromptu de presse dimanche soir. Il a attribué le rejet de sa proposition principalement à l’intervention de Mme Pierre-Lys. « Ç’a beaucoup influencé le débat. C’est une bonne nouvelle dans la mesure où quelqu’un issu de la diversité au sein du PQ nous dit : il n’y a aucun problème au Parti québécois sur le plan de la diversité », a-t-il affirmé à moins de 15 mois des prochaines élections générales.

Il ne se satisfait pas pour autant du refus opposé à cette proposition centrale de son rapport « Faire partie de la solution » par les délégués. D’ailleurs, l’avocat promet de revenir à la charge avec une proposition similaire au congrès national du PQ en septembre prochain. « Malgré les succès individuels que certains ont pu avoir […], on a de l’ambition, on veut plus de diversité. Donc, je continue à penser qu’il faut mettre des mesures pour favoriser des places à des Québécois d’adoption ou des Québécois issus de la diversité. »

Quotas ou pas, la volonté du PQ de recruter en grand nombre des Québécois issus de la diversité culturelle (16 % de la population québécoise) qui partagent à la fois ses « valeurs », ses « propositions » et son « objectif indépendantiste » est réelle, a fait valoir le chef du parti, Jean-François Lisée. Il s’est fixé dimanche l’« objectif » de présenter au moins 20 candidats issus des communautés culturelles (sur 125) aux prochaines élections générales. « Je ne dirais pas qu’il y aura un quota, a-t-il précisé. C’est un souhait. C’est un objectif. » Mais, chose certaine, ces candidats ne seront pas tous dépêchés dans des circonscriptions imprenables, a promis le chef péquiste.

Source: Les questions de diversité divisent les péquistes | Le Devoir

Couillard lance une offensive constitutionnelle tranquille

High risk strategy.  PM Trudeau indicated yesterday no interest, other provincial reactions likely the same.

This would also force Quebec to have a more formal definition of interculturalism, and acknowledge the civic integration commonalities with multiculturalism rather than the habitual caricature.

In terms of the five historic demands, Quebec obtained greater powers and funding for immigration in 1979 (English link Quebec plans to reopen constitutional debate, launch coast-to-coast discussion):

On croyait bien que plus personne, dans la classe politique canadienne, ne voulait prononcer le mot constitution. Mais c’est faux, désormais.

Le Québec a décidé de relancer le débat constitutionnel, selon ce qu’a appris La Presse canadienne. Le gouvernement Couillard va lancer une vaste offensive à travers le pays pour convaincre les Canadiens de la justesse de ses revendications.

Il veut ainsi créer les conditions favorables à la reprise d’éventuelles négociations constitutionnelles. À terme, si le Québec obtient la reconnaissance souhaitée, il pourrait donc adhérer à la Loi constitutionnelle de 1982.

L’approche privilégiée est essentiellement pédagogique. Pas de couteau sur la gorge. Aucune échéance fixée. On veut surtout communiquer, convaincre, expliquer.

Le premier ministre Philippe Couillard aura mis quelques années à étayer sa pensée sur le sujet, à préciser son argumentaire et à rédiger une brique de près de 200 pages.

Ce document, dont La Presse canadienne a obtenu copie, est intitulé Québécois, c’est notre façon d’être Canadiens et constitue la toute première politique du gouvernement Couillard « d’affirmation du Québec et des relations canadiennes ».

En devenant chef du Parti libéral du Québec, en 2013, M. Couillard, fédéraliste convaincu, s’était engagé à reprendre les « discussions » constitutionnelles avec le Canada, dans le but de voir le Québec « réintégrer la famille canadienne ».

Québec souhaite faire sauter le « tabou » qui entoure tout le débat constitutionnel, depuis l’échec du référendum d’octobre 1995, car « le Québec et le Canada semblent prêts pour un changement de paradigme » à ce sujet.

Le Québec cherche à obtenir du Canada la reconnaissance formelle de la nation québécoise, de son identité propre, un geste politique qui, peut-on lire dans le document, ferait en sorte « que les Québécois ne se sentiraient plus exilés au sein de leur propre pays ».

Dans le document, lancé à l’occasion des célébrations entourant le 150e anniversaire de la fédération canadienne, le gouvernement Couillard reprend à son compte toutes les revendications traditionnelles du Québec et s’approprie, en les actualisant, les fameuses cinq conditions préalables fixées par le gouvernement de Robert Bourassa en 1986 :

reconnaissance du Québec comme société distincte ;

limites au pouvoir fédéral de dépenser ;

garantie d’une représentation québécoise à la Cour suprême ;

droit de veto sur les modifications constitutionnelles ;

pouvoirs accrus en matière d’immigration.

« Si le contexte politique et constitutionnel a beaucoup changé depuis leur formulation, elles demeurent une illustration concrète des garanties constitutionnelles qui doivent découler d’une reconnaissance adéquate de la Nation québécoise », estime le premier ministre Couillard, 30 ans plus tard.

Détourner l’attention

Cette nouvelle politique qu’annoncera jeudi M. Couillard est une stratégie pour détourner l’attention tandis que ses liens avec l’ancien collecteur de fonds libéral Marc-Yvan Côté ont fait la manchette dans les derniers jours, accusent certaines formations politiques.

« Disons que ça laisse croire qu’on tente de faire oublier certaines révélations en relançant le débat constitutionnel alors que personne ne s’y attendait », souligne le député de Québec solidaire Amir Khadir.

Un avis partagé par la députée indépendante à Québec et chef du Bloc québécois à Ottawa, Martine Ouellet.

« Il semble utiliser une stratégie pour essayer de faire oublier ses liens d’amitié avec Marc-Yvan Côté », soutient Mme Ouellet.

Le Parti québécois et la Coalition avenir Québec n’ont pas souhaité commenter mercredi.

À Ottawa, le cabinet du premier ministre canadien, Justin Trudeau, n’avait pas commenté mercredi.

Approche pédagogique

À la stratégie passée du couteau sur la gorge, en vogue depuis les années 1970, le gouvernement Couillard opposera donc une main tendue. Loin des rapports de force qui ont jalonné les relations Québec-Ottawa en ce domaine depuis des décennies, son approche sera essentiellement pédagogique, axée sur le dialogue et la persuasion, destinée à « nous faire mieux comprendre » du reste du pays.

« Il faut donc travailler à rétablir ce que les Québécois ont toujours voulu depuis 1867, soit un Canada qui les accepte pour ce qu’ils sont », peut-on lire dans le document, rédigé par plusieurs personnes sous la supervision du ministre responsable des Relations canadiennes, Jean-Marc Fournier.

Les discussions à venir ne seront pas uniquement centrées sur une « ronde Québec », mais pourraient inclure notamment les revendications des autochtones ou aborder d’autres enjeux. Le gouvernement Couillard tient aussi à promouvoir le concept de fédéralisme asymétrique, ainsi qu’à étendre celui d’« interculturalisme » comme modèle d’intégration des immigrants au Québec.

Le Québec ne veut plus être perçu comme la province qui fait bande à part dans la fédération. Le gouvernement Couillard veut rebâtir un lien de confiance et s’engage donc désormais à assurer une « présence soutenue » d’un bout à l’autre du pays. Cette participation « proactive » du Québec se verra sur toutes les tribunes, dans les forums politiques, dans les milieux universitaires, auprès des groupes d’affaires et sociaux, dans les médias traditionnels et sociaux, en fait, partout où la voix du Québec doit être entendue pour refléter la vision et les ambitions de son gouvernement. Surtout, on cherchera à faire la démonstration que le Québec est un partenaire actif de la mosaïque canadienne.

Le document adopte une perspective historique des relations Québec-Ottawa, sous l’angle du besoin toujours croissant exprimé par le Québec d’affirmer son identité nationale, d’afficher sa différence, notamment linguistique, et d’étendre ses pouvoirs. Il insiste sur le partage des compétences entre Ottawa et les provinces, et sur la nécessité de respecter scrupuleusement ce partage pour assurer le bon fonctionnement de la fédération.

Signe que le gouvernement Couillard prend très au sérieux son objectif de faire rayonner ses revendications constitutionnelles et ses positions politiques partout au Canada dans l’année qui vient, il va procéder à des changements dans la structure gouvernementale.

Le Secrétariat québécois des relations canadiennes (SQRC) prendra le relais du Secrétariat aux affaires intergouvernementales canadiennes (SAIC), avec des unités Québec-Canada créées dans tous les ministères, pour s’assurer que chacun d’eux profite de toutes les tribunes possibles dans leur secteur d’activités à travers le pays.

Source: Couillard lance une offensive constitutionnelle tranquille | Le Devoir

Le PQ n’est pas raciste, mais il doit faire une «introspection», dit QS 

Valid point:

Le Parti québécois n’est pas « raciste », mais il doit faire une « introspection » sur la charte des valeurs, a affirmé mardi la porte-parole de Québec solidaire, Manon Massé, qui a refusé de se dissocier des propos tenus par certains membres de son parti.

La direction du PQ a écrit lundi au comité de coordination de QS, le sommant de se dissocier des accusations de racisme lancées à son endroit par des militants solidaires. Ces propos ont été tenus il y a 10 jours lors du débat sur une alliance électorale des deux partis indépendantistes, projet qui a finalement été rejeté.

À son arrivée à l’Assemblée nationale, mardi, Mme Massé a indiqué qu’à ses yeux, le PQ n’est pas raciste. Mais elle a ajouté un bémol.

« Il a une introspection à faire sur les actions qu’il a posées, sur les impacts que ça a eus », a-t-elle indiqué.

La porte-parole solidaire a refusé de lancer la pierre aux membres de son parti qui ont réagi avec virulence à l’idée de s’associer au parti responsable de la charte.

« Je crois profondément qu’il y a des gens qui ont la peau noire, qu’il y a des gens qui portent le hijab qui sont et qui ont été discriminés, a dit Mme Massé. Et ils et elles associent ça à l’atmosphère qu’a laissé planer au Québec la charte des valeurs. »

« Pour moi, que quelqu’un qui vit une situation nomme les choses telles qu’ils la vivent, je peux comprendre, a-t-elle ajouté. Je ne suis pas pour dire: “Tu as tort”. Je suis qui, moi, pour dire “Tu as tort” ? »

Insulte

Quelques minutes plus tôt, le chef péquiste Jean-François Lisée a accusé la direction de QS d’avoir cautionné des propos inacceptables en refusant de modérer les commentaires émis par ses militants pendant le débat sur la convergence. Ce faisant, elle a insulté les membres du PQ et tous les Québécois qui appuient ses positions en matière de laïcité et d’identité, a dénoncé M. Lisée.

« Tout le monde a pu comprendre que Québec solidaire avalisait ce genre de propos », a dit le chef péquiste.

« Ce que ça voulait dire, c’est que tous ceux qui au Québec pensent qu’il faut faire des pas en avant pour la laïcité, baliser les accommodements religieux, d’interdire des signes religieux pour certaines catégories de personnel, tous ces gens-là, selon Québec solidaire, sont xénophobes et racistes », a-t-il ajouté.

Source: Le PQ n’est pas raciste, mais il doit faire une «introspection», dit QS | Martin Croteau | Politique québécoise

Quebec byelection poster denouncing Canadian multiculturalism upsets some people – 660 NEWS

Fringe party but reflects some of the popular misconceptions about multiculturalism (not unique to Quebec):

A candidate in a Quebec provincial byelection has triggered controversy with a campaign poster that criticizes Canadian multiculturalism and shows a photo of a woman wearing a niqab.

Alexandre Cormier-Denis is running for the Parti independantiste in the Montreal riding of Gouin.

The poster has the slogan Choose Your Quebec above two photos of the same woman — one in which she is sporting a blue tuque with the Fleur-de-lis and the other in which she is wearing a niqab.

Below the photos it is written Canadian Multiculturalism, No Thanks.

Police withdrew the poster from outside a subway station after they received complaints but it was put back up outside another one because Cormier-Denis is a registered candidate in the May 29 vote.

Cormier-Denis says multiculturalism ghettoizes immigrants in their own communities.

“So while an election should be the time to give voters real choices, it is considered scandalous for a candidate to dare question the multiculturalist order that Ottawa imposes on Quebec,” he wrote on Twitter.

“The journalistic caste seems incapable of imagining it is possible to get out of this multiculturalist model without it being morally reprehensible.

“Yet, by shutting them off in their communities of origin, English-Canadian multiculturalism is actually closer to real racism.”

Haroun Bouazzi, co-president of a Muslim and Arab group that is in favour of secularity, called the poster anti-Muslim and said he believes voters in Gouin will categorically reject Cormier-Denis next Monday.

“But if he gets five per cent it would be enormous, a disaster,” Bouazzi said in an interview. “But we’re urging people in Gouin to show that Quebec isn’t ready to import racist slogans and posters from France.”

Bouazzi called on Montreal Mayor Denis Coderre and Premier Philippe Couillard to launch a concerted anti-racist campaign.

The byelection is being held to replace Quebec solidaire’s Francoise David, who quit politics earlier this year. Former student leader Gabriel Nadeau-Dubois is hoping to retain the seat for the left-wing party. His opponents include the Liberals’ Jonathan Marleau and the Green party’s Alex Tyrrell.

Source: Quebec byelection poster denouncing Canadian multiculturalism upsets some people – 660 NEWS

Précarité des jeunes migrants: Ottawa et Québec se font rassurants

Interesting discussion regarding young refugees and the degree to which settlement and related services are adequately meeting their needs:

Tandis que l’organisme Dans la rue constate un nombre grandissant de jeunes nouveaux arrivants en situation précaire, les autorités se font rassurantes quant à l’intégration des immigrants, réfugiés et sans-papiers au

Tandis que l’organisme Dans la rue constate un nombre grandissant de jeunes nouveaux arrivants en situation précaire, les autorités se font rassurantes quant à l’intégration des immigrants, réfugiés et sans-papiers au Canada.

Réunies vendredi à l’occasion d’une soirée-bénéfice pour l’organisme et son nouveau partenariat avec le Haut-commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR), la ministre fédérale du Développement international, Marie-Claude Bibeau, et la ministre provinciale de l’Immigration, Kathleen Weil, ont surtout imputé ces cas «qui tombent entre les mailles du filet» à des traumatismes vécus par certains demandeurs d’asile dans leur pays d’origine.

La ministre Weil dresse un portrait élogieux de la prise en charge des nouveaux arrivants par le gouvernement, puis par le milieu communautaire et la société civile.

En entrevue avec La Presse canadienne, Marie-Claude Bibeau a pour sa part tenu à souligner qu’avec quelque 46 700 réfugiés réinstallés l’an dernier, le Canada n’en accueille qu’un nombre «relativement modeste».

«J’ai été au Liban et en Jordanie où, dans certaines villes, la population a doublé, a-t-elle illustré. Vous imaginez la pression que ça vient mettre sur les services publics?»

Au-delà de la compassion, l’aide humanitaire relève d’un «enjeu de paix et de sécurité mondiale», a avancé la ministre, dont les propres parents avaient accueilli une famille de Vietnamiens à l’époque de la vague de «boat people».

Mme Bibeau rétorque en outre à ceux qui remettent en question l’utilité de l’aide humanitaire que celle-ci permet d’éviter que des conflits prennent de l’ampleur et exacerbent la crise des migrants.

La ministre Weil renchérit qu’il s’agit d’un enjeu qu’il faut approcher «en amont comme en aval».

Quant aux sans-papiers – qu’elle aborde comme un dossier totalement distinct -, Mme Weil assure qu’on ne leur bloque pas totalement l’accès aux réseaux de la santé et de l’éducation.

«Mais c’est un peu normal qu’il y ait des gens qui tombent entre deux chaises», croit-elle.

«Arriver en tant que réfugié dans un nouveau pays est toujours une gageure», fait valoir Jean-Nicolas Beuze, de HCR Canada.

Si certains parviennent à tirer profit des services sociaux ou bénéficient déjà d’un réseau de proches, d’autres se heurtent à la barrière de la langue et parfois à un puissant choc culturel, a-t-il poursuivi.

M. Beuze souligne également la précarité économique de bon nombre de réfugiés, tandis que, globalement, la moitié d’entre eux sont en fait des mineurs.

«Les gens arrivent sans un sou en poche, surtout quand ils se sont déplacés à travers le monde. Ils ont souvent dépensé toutes leurs économies», a ajouté M. Beuze.

Le représentant de HCR au Canada félicite lui aussi le gouvernement québécois pour son système qu’il juge «très solidaire vis-à-vis les nouveaux arrivants».

Dans le cadre du partenariat avec Dans la rue, l’agence onusienne combinera son expertise au soutien psychosocial apporté par l’organisme qui vient en aide aux jeunes en situation d’itinérance ou de précarité. Cette association entre «un organisme qui oeuvre au coin de la rue et un autre, à l’autre bout du monde», dans les mots de Julien Nepveu-Villeneuve, de l’Association du jeune Montréal, vise à améliorer les interventions auprès des nouveaux arrivants, comme les cinquante jeunes qui ont fait appel à Dans la rue l’an dernier seulement.

La directrice générale de Dans la rue, Cécile Arbaud, fait état de la grande complexité des cas de certains jeunes qui ne parlent parfois ni français ni anglais, et qui ne sont pas dotés des papiers d’identité nécessaires pour avoir droit à l’aide sociale ou trouver un logement.

Le PQ, la diversité et le nationalisme civique

Good overview by Robert Dutrisac of the ongoing challenge facing the PQ (and fussing on words doesn’t solve their existential question of who is “nous”):

On connaît la suite : Pauline Marois a amorcé un virage identitaire qui culminait dans la maladroite charte sur les valeurs dites « québécoises » — des valeurs, en réalité, occidentales, voire universelles. Le PQ réaffirmait tout de même le caractère pluraliste de la nation québécoise.

Avec cette concordance culturelle, Jean-François Lisée délaisse l’interculturalisme cher à Gérard Bouchard. Il juge que la notion officielle de l’interculturalisme, telle que définie par le gouvernement libéral, est trop molle puisqu’elle ne fait pas référence à un tronc commun bâti au Québec au fil de l’histoire. Pour certains d’ailleurs, dont Charles Taylor et Daniel Marc Weinstock, l’interculturalisme n’est qu’une version du multiculturalisme canadien.

Ce concept ressemble beaucoup à la « convergence culturelle » de Fernand Dumont qu’a reprise le PQ de René Lévesque en 1981. Cette politique, intitulée « Autant de façons d’être Québécois », avait pour objectif de rassembler les cultures ethniques sous l’égide de la majorité, ce qui peut se résumer par leur assimilation.

Selon Jean-François Lisée, la concordance culturelle n’a pas de visées assimilatrices, mais préconise plutôt « la formation d’une collectivité inclusive » dans laquelle « chaque citoyen et chaque génération effectue son parcours identitaire comme il ou elle l’entend ». Mais les Québécois de toutes origines sont appelés à partager « une différence vitale » caractérisée par la langue française et un récit historique singulier. À cela s’ajoutent des éléments civiques comme l’égalité entre les hommes et les femmes, la démocratie, la solidarité et un « cheminement vers un État laïque ».

Ce concept de concordance sera difficile à expliciter en campagne électorale ; il est heureusement associé à des mesures concrètes pour favoriser la réussite des immigrants en luttant, notamment, contre la discrimination à l’embauche et le racisme.

Ce n’est pas d’hier que le PQ a des relations ardues avec les communautés culturelles. Lors de la campagne référendaire de 1980, René Lévesque avait vexé des Italo-Québécois indépendantistes — c’est l’écrivain Marco Micone qui raconte l’anecdote — en déclarant : « La majorité francophone décidera elle-même de son avenir. »Évidemment, il y a eu par la suite « les votes ethniques » de Jacques Parizeau et ce « nous » qui avait voté à 60 % pour le Oui.

Le projet de nationalisme civique, qu’ont porté Gilles Duceppe au Bloc québécois et Gérald Larose, visait à éviter ces écueils. Mais le problème, c’est que le nationalisme civique au Québec ne veut pas dire grand-chose. La nation québécoise, au sein de l’ensemble canadien, n’a pas le monopole des principes démocratiques et des droits de la personne. Sans l’existence de cette majorité francophone au parcours historique singulier, le projet souverainiste perdrait toute pertinence.

Avec cette approche, le PQ a le mérite de la franchise. Pour rejoindre les communautés culturelles — et il doit s’y consacrer activement —, le mouvement souverainiste n’a d’autre choix que de se présenter tel qu’il est : un mouvement qui promeut un projet d’émancipation d’une nation pluraliste, auquel sont conviés tous les Québécois.

Source: Le PQ, la diversité et le nationalisme civique | Le Devoir

Des Africains se disent exclus de l’enquête sur le racisme systémique | Le Devoir

I am not sure that the experiences with systemic racism of sub-Saharan Africans is that different from Haitians, although given that Haitians have been in Quebec longer, there may be a difference.

But the article’s reporting of the criticism focusses purely on the representation issue, with no examples of any substantive difference in lived experiences:

Des Québécois originaires de l’Afrique subsaharienne déplorent l’absence de membres de leur communauté au sein du comité-conseil sur le racisme et la discrimination systémique, créé il y a un mois par le ministère de l’Immigration. « Un manque flagrant », qui doit être corrigé, déplore le Comité d’initiative provisoire des Afro-Québécois (CIPAQ), qui signe une lettre ouverte pour réclamer que leur voix soit entendue dans une « étape aussi cruciale du processus. »

« C’est surprenant que la catégorie la plus touchée en matière d’intégration à l’emploi ne soit pas représentée à ce comité », s’étonne Doudou Sow, consultant formateur en intégration professionnelle et gestion de la diversité et membre du CIPAQ. Il fait ainsi référence à une étude publiée en 2012 par la Commission des droits de la personne qui révélait que, sur le marché du travail, les noms à consonance africaine étaient les plus discriminés (42 %), comparativement aux noms arabes (35 %) et latino-américains (28 %).

Présidé par Maryse Alcindor, première sous-ministre noire, le comité-conseil, qui se penchera sur les modalités de la consultation sur le racisme et la discrimination systémique, compte 14 membres, qui sont pour la plupart des universitaires haïtiens d’origine ou issus de la communauté arabo-musulmane. Tout en saluant l’initiative, certaines personnes nommées à ce comité ont néanmoins souligné le fait qu’il y ait effectivement beaucoup d’universitaires et aucun représentant des 85 organismes ayant réclamé un tel exercice, à part les quatre porte-parole qui en avaient fait publiquement la demande au début de l’année.

Basé sur l’« expertise »

Mise au fait de ces critiques, la ministre de l’Immigration a rappelé que le rôle du comité n’est pas de « lutter » contre le racisme et la discrimination, mais plutôt de « conseiller » le gouvernement sur la consultation prévue pour cet automne. « Le comité est composé notamment de chercheurs qui ont été choisis en fonction de leur expertise et de leur expérience », a indiqué l’attachée de presse de la ministre, Gabrielle Tellier. Les organismes seront plus tard invités à participer à la consultation elle-même, y compris des membres de la communauté subsaharienne.

Pour Doudou Sow, le fait que le ministère ait justifié que ses nominations ont été faites sur la base de « l’expertise » est un comble. « C’est l’arroseur arrosé. Le ministère met en place une commission qui prétend combattre, et à juste titre, les causes de la discrimination, mais tombe dans le même panneau. »

M. Sow est d’autant plus étonné qu’il est reconnu pour son expertise sur les questions de l’intégration au marché du travail — il travaille depuis longtemps sur le sujet et a écrit des livres — et qu’il avait même été pressenti par la ministre Kathleen Weil et sa garde rapprochée. « Je n’ai jamais eu de retour. Mais même si le gouvernement venait me voir demain pour m’inclure, je dirais non. Je ne veux pas que ce soit perçu comme un combat pour ma personne. Je le fais pour mes enfants et toute la prochaine génération. »

Paul Eid, sociologue spécialiste de l’immigration qui fait partie de ce comité-conseil, se veut rassurant. « Je ne travaille pas pour un groupe ou un autre. L’idée c’est de documenter les causes, et ça touche tous les groupes racisés », soutient-il. « Je crois que c’est la même chose pour tous les membres du groupe ».

Pas des Haïtiens

Mame Moussa Sy, du centre communautaire Bon courage de Place Benoit, est lui aussi déçu de la composition du comité-conseil. « Ça ne tient pas la route. Ça ne reflète pas la diversité », dit-il. Après avoir partagé son coup de gueule sur les réseaux sociaux, il a lancé une pétition qui a récolté environ 500 signatures jusqu’ici.

Certes, des Haïtiens siègent au comité-conseil, mais leur voix n’est pas celle des Africains subsahariens, explique-t-il. « Le scientifique, le professeur, l’intervenant haïtien qui est là, il sera toujours porté à prendre des exemples de son quotidien, de ce qu’il a vécu. Mais c’est très différent de ce qui se passe au Sénégal, au Congo », explique-t-il.

Source: Des Africains se disent exclus de l’enquête sur le racisme systémique | Le Devoir

Le PQ invité à s’ouvrir à la diversité | Le Devoir

Will be interesting to watch and how they reconcile this “diversity and inclusion” messaging with their past in playing identity politics:

Le Parti québécois (PQ) a encore une « pente à remonter » auprès des communautés culturelles. Le chef du parti, Jean-François Lisée, lance un blitz de recrutement de candidats issus des minorités et affirme que la lutte contre la discrimination et le racisme sera un des thèmes importants de la campagne électorale de 2018.

Le chef péquiste a demandé à ses 125 associations de circonscription de tout mettre en oeuvre pour qu’au moins 12 % des délégués au congrès du parti, en septembre prochain, soient issus des minorités. Déjà, plus de 12 % des employés du parti à l’Assemblée nationale proviennent des communautés culturelles.

« On a encore du travail à faire au niveau de la diversité du sein du parti et on est en marche. On prend toutes sortes d’initiatives, on voit des résultats », a dit Paul St-Pierre Plamondon au cours d’un point de presse dimanche. La diversité reste un « réel défi »pour le parti, et « rien n’est encore joué », écrit-il.

L’ex-candidat à la chefferie du PQ, nommé conseiller de Jean-François Lisée, a dévoilé le rapport final de la vaste consultation qu’il a menée depuis l’automne dernier dans le but de renouveler le parti. Le rapport Osez repenser le PQ formule 156 recommandations destinées à renforcer les liens entre le PQ et les communautés culturelles, les jeunes et les entrepreneurs.

Brasser la cage

« Il ne faut pas craindre la critique et la voir plutôt comme une occasion de bâtir des ponts », écrit Paul St-Pierre Plamondon. Son rapport d’étape, publié en février dernier, avait créé un « léger tourbillon médiatique », admet l’avocat de 40 ans : il décrivait le PQ comme « un parti figé, conservateur et vieillissant » aux allures de « club social ».

Depuis, le parti semble avoir amorcé un rajeunissement. Le nombre de membres de 40 ans et moins a grimpé de 31 % en six mois ; 16 683 des 90 000 membres du PQ appartiennent désormais à cette catégorie d’âge. Près du tiers des 125 présidents d’association — et 37,4 % des membres des exécutifs de circonscription — sont âgés de 40 ans et moins.

Paul St-Pierre Plamondon a mené 162 consultations auprès de 3600 personnes, surtout des gens qui ne sont pas membres du PQ, pour arriver à son diagnostic. Pas moins de 43 des recommandations visent à tisser des liens entre le PQ et les communautés culturelles. Le diagnostic est presque aussi vieux que le parti : les nouveaux arrivants et les anglophones se méfient du mouvement indépendantiste.

L’auteur du rapport Osez repenser le PQ invite le parti à « revoir la notion de nationalisme de manière à valoriser un nationalisme civique et inclusif ». Il insiste pour que la lutte contre la discrimination à l’emploi, contre le racisme et contre le profilage racial par la police soit une priorité pour le PQ aux élections de l’automne 2018.

« Le PQ doit en quelque sorte briser l’association malsaine que certains font entre PQ et racisme (une allégation qui est non fondée lorsqu’on interroge les militants de la diversité culturelle qui militent au sein du PQ), en étant le champion de la lutte contre le racisme, au moment où un vent de populisme et d’extrême droite souffle à plusieurs endroits en Occident. »

Paul St-Pierre Plamondon recommande que le parti délègue 100 « ambassadeurs »pour nouer des liens avec les communautés culturelles « sans chercher quoi que ce soit ni attendre quelque chose en retour ».

Pour rapprocher le PQ des jeunes et des minorités, Paul St-Pierre Plamondon recommande au parti de « s’approprier les thèmes de l’international, de la mondialisation et de l’ouverture sur le monde ». Il estime aussi que les souverainistes doivent tourner la page sur l’épisode de la charte des valeurs.

« La laïcité et l’identité québécoise sont deux choses dissociables pour les moins de 40 ans. Le Parti québécois doit désormais parler de l’identité québécoise en faisant référence à la langue française, à la spécificité québécoise et à la culture du Québec. La laïcité doit être présentée comme un enjeu politique qui contribue au vivre-ensemble. Elle n’est cependant pas une composante de l’identité des citoyens et des citoyennes. »

Source: Le PQ invité à s’ouvrir à la diversité | Le Devoir

La diversité dans l’angle mort du milieu littéraire québécois: Dawson

Valid commentary and critique by Nicholas Dawson. My sense is that English Canada has better representation of immigrant and visible minority writers:

Pendant le Salon du livre de Québec, la revue Les Libraires a invité dix auteurs à constituer « la bibliothèque idéale », exercice fort amusant dont l’intention était d’encourager des lectures diverses. Toutefois, parmi ces dix « invités de marque », aucun n’était racisé, comme quoi la diversité ethnique demeure un angle mort important dans le milieu littéraire québécois.

Ce type d’omission se reproduit régulièrement. Pour souligner leur dixième anniversaire, les éditions Héliotrope, qui publient des auteurs de grand talent et qui privilégient les voix plurielles (dont celle des femmes et des personnes queer), ont publié sur Facebook une mosaïque de photos présentant les visages tous blancs de ces « voix singulières ». On retrouve la même homogénéité parmi les finalistes des catégories roman, poésie et hors Québec du Prix des libraires, dont le jury n’est également composé que de personnes blanches. L’an dernier, ce même prix n’a été décerné qu’à des femmes, ce dont on doit absolument se réjouir, mais aussi toutes blanches. Il y a quelques visages non blancs parmi les « 100 poètes québécois » recensés par la revue Les Libraires pour la Journée mondiale de la poésie, mais ils se comptent sur les doigts d’une seule main.

Ce ne sont que quelques exemples parmi une pléthore de listes d’auteurs blancs qu’on dresse dans des palmarès, recommandations et recensements, parfois célébrant une « diversité » du paysage littéraire québécois qu’on limite souvent à la parité entre hommes et femmes. Devant ces omissions répétées, j’ai pourtant eu l’instinct de me taire. C’est que je suis un jeune auteur québécois d’origine chilienne, actif dans le milieu mais qui n’a publié qu’un seul livre, avec un deuxième en cours de publication. C’est mon milieu ; on pourrait facilement me reprocher de « prêcher pour ma paroisse », de me faire du « capital symbolique sur le dos des minorités », voire de « jouer la victime ». Ces arguments visent à dépolitiser l’enjeu, l’individualiser, comme si une personne racisée qui crie au racisme ne parlait, au final, que pour son propre intérêt. Pourtant, dans un si petit milieu, certes ouvert d’esprit et sensible, mais où tout le monde se connaît et où les contacts sont légion, de telles démagogies sont efficaces.

Oser prendre la parole

Bref, il y a un problème de représentativité ethnique dans notre milieu littéraire québécois ; les maisons d’édition, les revues, les journaux, les enseignants et les institutions semblent encore relayer la responsabilité aux personnes racisées qui, peu nombreuses et isolées, risquent gros quand elles osent prendre la parole.

[…]. L’enjeu étant très peu soulevé par des gens en position de pouvoir dans ce milieu, les personnes non blanches se retrouvent seules à jouer le rôle de la police ethnique, comme si l’enjeu ne leur appartenait qu’à elles. Pourtant, il s’agit d’un problème qui concerne tout le monde. Célébrer et encourager la diversité ethnique dans la production artistique nationale, c’est non seulement représenter tous les groupes qui constituent notre société, mais surtout contribuer à réduire l’hégémonie des voix majoritaires en permettant aux voix minorisées de les influencer. Pour ce faire, la sous-représentation des personnes non blanches doit être décriée par tous, sans quoi la voix minoritaire, qu’elle soit littéraire ou révoltée, demeure un chuchotement affectant peu les autorités blanches qui ont le beau jeu de garder le silence.

Pour ce faire, il faut d’abord se responsabiliser en reconnaissant ses angles morts, premier pas primordial dont parlent Martine Delvaux et Carole David dans un magnifique article qu’elles ont rédigé pour la revue À bâbord à la suite d’une conférence « autour d’une table ronde sur les femmes et la littérature », événement qui a reçu des critiques parce que les invitées étaient blanches. Une fois cet angle mort reconnu, les personnes en position de pouvoir possèdent les outils pour affronter les questions difficiles : pourquoi les personnes non blanches envoient-elles moins de manuscrits ? Pourquoi sont-elles si peu nombreuses à étudier ou à enseigner la littérature ? Qu’est-ce que les institutions peuvent faire de plus pour, d’une part, attirer les personnes non blanches à prendre part à la production littéraire québécoise et, d’autre part, pour mieux s’adapter aux réalités des minorités dont les langues, les structures et les pratiques ne correspondent pas toujours aux codes dominants ?

Pour répondre à ces questions, je fais donc appel à ces personnes en position d’autorité — éditeurs, journalistes, enseignants — pour qu’elles écoutent d’abord les voix minorisées qui soulignent ce problème blanc auquel plusieurs semblent aveugles. Mais surtout, j’appelle à ce que ces personnes blanches reconnaissent leur hégémonie pour qu’elles cessent de « porter le visage de l’innocence », comme le disent si bien Delvaux et David. Ainsi, en prenant part au débat, elles contribueront à faire de notre milieu littéraire ce qu’il devrait être : un espace de discussion, autoréflexif et politique, qui n’abandonne pas dans des angles morts les personnes minorisées.

Source: La diversité dans l’angle mort du milieu littéraire québécois | Le Devoir

Le Québec semble bien gérer les questions d’accommodements raisonnables

I tend to share the assessment that the drop in numbers reflects that public and private organizations are dealing with requests on their own, with no need to refer cases to the Commission:

Les demandes de conseils sur les accommodements raisonnables de type religieux sont en baisse depuis deux ans à la Commission des droits de la personne (CDPDJ) et sont désormais supplantées par les demandes faites par les personnes handicapées.

Entre avril 2015 et mars 2016, le nombre de demandes de conseils reçus est passé à 20 et ce nombre s’est maintenu ces derniers mois. C’est la moitié de ce qu’on observait les années précédentes (40 demandes en moyenne).

Depuis la Commission Bouchard-Taylor, la Commission offre un service-conseil en matière d’accommodements raisonnables de type religieux. Le service s’adresse aux employeurs et aux organismes donnant des services. Les conseils sont donnés à titre indicatif et ne sont, dès lors, pas décisionnels.

La liste des demandes reçues révèle en outre que les congés religieux sont l’enjeu qui génère le plus de questions. Ainsi en 2015-2016, de nombreuses demandes provenaient d’entreprises privées et portaient sur la pratique du ramadan.

Le président d’une compagnie de biocarburant, par exemple, s’inquiétait pour la sécurité parce qu’un de ses employés était affaibli par le jeûne. Chez un fabricant de vêtements de sport, on déplorait que trois employés de la même chaîne de montage aient réclamé des congés en même temps. Au total, huit demandes concernaient la période du ramadan et trois des congés liés à des célébrations juives comme celle du Nouvel An juif en septembre.

Une minorité de demandes étaient toutefois plus complexes comme ce cas d’une étudiante de confession juive qui réclamait du matériel pédagogique non informatisé pour pouvoir se préparer à son examen final pendant le Sabbat.

Un seul cas portait sur le port de signes religieux (le voile) et deux concernaient la tenue de prières musulmanes dans des institutions publiques ou des commerces. Enfin, un employeur a contacté le service à propos d’un employé qui exposait une photo de Jésus « de grande dimension » dans son lieu de travail.

En vertu de la Charte, les accommodements sont un corollaire du droit à l’égalité et les organisations doivent chercher à en offrir à ceux qui le demandent. L’accommodement raisonnable est toutefois balisé par le concept de « contrainte excessive » qui protège l’organisation ou le milieu de travail.

Un bon signe, selon les experts

Cette baisse suggère que les organismes s’en tirent plutôt bien avec ces questions, croit le professeur Marc-Antoine Dilhac, un expert des enjeux d’inclusion rattaché à l’Université de Montréal. « C’est plutôt encourageant, dit-il. Il y a une forme de jurisprudence qui s’est imposée pour des affaires similaires. »

François Rocher, de l’Université d’Ottawa, un spécialiste des enjeux d’immigration, souligne que même à 40 par an, ce sont de petits nombres et que contrairement à certaines perceptions, la « Commission n’est pas submergée de demandes ».

« Mon hypothèse, c’est que les organisations publiques et les entreprises ont bien compris la notion d’accommodements et que la société civile réussit assez bien à s’organiser avec ce problème-là. »

M. Dilhac constate en outre que les questionnements soulevés sont souvent les mêmes et qu’il est dès lors de plus en plus facile pour les employeurs de savoir quoi faire.

Le record de demandes d’avis reçus sur les accommodements religieux a été établi en 2009-2010 avec 52 dossiers contre 29 pour les personnes avec un handicap qui normalement donnent lieu au plus grand nombre de questions.

Cette tendance s’est depuis renversée. Ainsi en 2015-2016, le Service a reçu deux fois plus de demandes pour des accommodements raisonnables touchant des handicaps que pour des accommodements religieux (57 contre 20).

Source: Le Québec semble bien gérer les questions d’accommodements raisonnables | Le Devoir