La diversité dans l’angle mort du milieu littéraire québécois: Dawson

Valid commentary and critique by Nicholas Dawson. My sense is that English Canada has better representation of immigrant and visible minority writers:

Pendant le Salon du livre de Québec, la revue Les Libraires a invité dix auteurs à constituer « la bibliothèque idéale », exercice fort amusant dont l’intention était d’encourager des lectures diverses. Toutefois, parmi ces dix « invités de marque », aucun n’était racisé, comme quoi la diversité ethnique demeure un angle mort important dans le milieu littéraire québécois.

Ce type d’omission se reproduit régulièrement. Pour souligner leur dixième anniversaire, les éditions Héliotrope, qui publient des auteurs de grand talent et qui privilégient les voix plurielles (dont celle des femmes et des personnes queer), ont publié sur Facebook une mosaïque de photos présentant les visages tous blancs de ces « voix singulières ». On retrouve la même homogénéité parmi les finalistes des catégories roman, poésie et hors Québec du Prix des libraires, dont le jury n’est également composé que de personnes blanches. L’an dernier, ce même prix n’a été décerné qu’à des femmes, ce dont on doit absolument se réjouir, mais aussi toutes blanches. Il y a quelques visages non blancs parmi les « 100 poètes québécois » recensés par la revue Les Libraires pour la Journée mondiale de la poésie, mais ils se comptent sur les doigts d’une seule main.

Ce ne sont que quelques exemples parmi une pléthore de listes d’auteurs blancs qu’on dresse dans des palmarès, recommandations et recensements, parfois célébrant une « diversité » du paysage littéraire québécois qu’on limite souvent à la parité entre hommes et femmes. Devant ces omissions répétées, j’ai pourtant eu l’instinct de me taire. C’est que je suis un jeune auteur québécois d’origine chilienne, actif dans le milieu mais qui n’a publié qu’un seul livre, avec un deuxième en cours de publication. C’est mon milieu ; on pourrait facilement me reprocher de « prêcher pour ma paroisse », de me faire du « capital symbolique sur le dos des minorités », voire de « jouer la victime ». Ces arguments visent à dépolitiser l’enjeu, l’individualiser, comme si une personne racisée qui crie au racisme ne parlait, au final, que pour son propre intérêt. Pourtant, dans un si petit milieu, certes ouvert d’esprit et sensible, mais où tout le monde se connaît et où les contacts sont légion, de telles démagogies sont efficaces.

Oser prendre la parole

Bref, il y a un problème de représentativité ethnique dans notre milieu littéraire québécois ; les maisons d’édition, les revues, les journaux, les enseignants et les institutions semblent encore relayer la responsabilité aux personnes racisées qui, peu nombreuses et isolées, risquent gros quand elles osent prendre la parole.

[…]. L’enjeu étant très peu soulevé par des gens en position de pouvoir dans ce milieu, les personnes non blanches se retrouvent seules à jouer le rôle de la police ethnique, comme si l’enjeu ne leur appartenait qu’à elles. Pourtant, il s’agit d’un problème qui concerne tout le monde. Célébrer et encourager la diversité ethnique dans la production artistique nationale, c’est non seulement représenter tous les groupes qui constituent notre société, mais surtout contribuer à réduire l’hégémonie des voix majoritaires en permettant aux voix minorisées de les influencer. Pour ce faire, la sous-représentation des personnes non blanches doit être décriée par tous, sans quoi la voix minoritaire, qu’elle soit littéraire ou révoltée, demeure un chuchotement affectant peu les autorités blanches qui ont le beau jeu de garder le silence.

Pour ce faire, il faut d’abord se responsabiliser en reconnaissant ses angles morts, premier pas primordial dont parlent Martine Delvaux et Carole David dans un magnifique article qu’elles ont rédigé pour la revue À bâbord à la suite d’une conférence « autour d’une table ronde sur les femmes et la littérature », événement qui a reçu des critiques parce que les invitées étaient blanches. Une fois cet angle mort reconnu, les personnes en position de pouvoir possèdent les outils pour affronter les questions difficiles : pourquoi les personnes non blanches envoient-elles moins de manuscrits ? Pourquoi sont-elles si peu nombreuses à étudier ou à enseigner la littérature ? Qu’est-ce que les institutions peuvent faire de plus pour, d’une part, attirer les personnes non blanches à prendre part à la production littéraire québécoise et, d’autre part, pour mieux s’adapter aux réalités des minorités dont les langues, les structures et les pratiques ne correspondent pas toujours aux codes dominants ?

Pour répondre à ces questions, je fais donc appel à ces personnes en position d’autorité — éditeurs, journalistes, enseignants — pour qu’elles écoutent d’abord les voix minorisées qui soulignent ce problème blanc auquel plusieurs semblent aveugles. Mais surtout, j’appelle à ce que ces personnes blanches reconnaissent leur hégémonie pour qu’elles cessent de « porter le visage de l’innocence », comme le disent si bien Delvaux et David. Ainsi, en prenant part au débat, elles contribueront à faire de notre milieu littéraire ce qu’il devrait être : un espace de discussion, autoréflexif et politique, qui n’abandonne pas dans des angles morts les personnes minorisées.

Source: La diversité dans l’angle mort du milieu littéraire québécois | Le Devoir

Le Québec semble bien gérer les questions d’accommodements raisonnables

I tend to share the assessment that the drop in numbers reflects that public and private organizations are dealing with requests on their own, with no need to refer cases to the Commission:

Les demandes de conseils sur les accommodements raisonnables de type religieux sont en baisse depuis deux ans à la Commission des droits de la personne (CDPDJ) et sont désormais supplantées par les demandes faites par les personnes handicapées.

Entre avril 2015 et mars 2016, le nombre de demandes de conseils reçus est passé à 20 et ce nombre s’est maintenu ces derniers mois. C’est la moitié de ce qu’on observait les années précédentes (40 demandes en moyenne).

Depuis la Commission Bouchard-Taylor, la Commission offre un service-conseil en matière d’accommodements raisonnables de type religieux. Le service s’adresse aux employeurs et aux organismes donnant des services. Les conseils sont donnés à titre indicatif et ne sont, dès lors, pas décisionnels.

La liste des demandes reçues révèle en outre que les congés religieux sont l’enjeu qui génère le plus de questions. Ainsi en 2015-2016, de nombreuses demandes provenaient d’entreprises privées et portaient sur la pratique du ramadan.

Le président d’une compagnie de biocarburant, par exemple, s’inquiétait pour la sécurité parce qu’un de ses employés était affaibli par le jeûne. Chez un fabricant de vêtements de sport, on déplorait que trois employés de la même chaîne de montage aient réclamé des congés en même temps. Au total, huit demandes concernaient la période du ramadan et trois des congés liés à des célébrations juives comme celle du Nouvel An juif en septembre.

Une minorité de demandes étaient toutefois plus complexes comme ce cas d’une étudiante de confession juive qui réclamait du matériel pédagogique non informatisé pour pouvoir se préparer à son examen final pendant le Sabbat.

Un seul cas portait sur le port de signes religieux (le voile) et deux concernaient la tenue de prières musulmanes dans des institutions publiques ou des commerces. Enfin, un employeur a contacté le service à propos d’un employé qui exposait une photo de Jésus « de grande dimension » dans son lieu de travail.

En vertu de la Charte, les accommodements sont un corollaire du droit à l’égalité et les organisations doivent chercher à en offrir à ceux qui le demandent. L’accommodement raisonnable est toutefois balisé par le concept de « contrainte excessive » qui protège l’organisation ou le milieu de travail.

Un bon signe, selon les experts

Cette baisse suggère que les organismes s’en tirent plutôt bien avec ces questions, croit le professeur Marc-Antoine Dilhac, un expert des enjeux d’inclusion rattaché à l’Université de Montréal. « C’est plutôt encourageant, dit-il. Il y a une forme de jurisprudence qui s’est imposée pour des affaires similaires. »

François Rocher, de l’Université d’Ottawa, un spécialiste des enjeux d’immigration, souligne que même à 40 par an, ce sont de petits nombres et que contrairement à certaines perceptions, la « Commission n’est pas submergée de demandes ».

« Mon hypothèse, c’est que les organisations publiques et les entreprises ont bien compris la notion d’accommodements et que la société civile réussit assez bien à s’organiser avec ce problème-là. »

M. Dilhac constate en outre que les questionnements soulevés sont souvent les mêmes et qu’il est dès lors de plus en plus facile pour les employeurs de savoir quoi faire.

Le record de demandes d’avis reçus sur les accommodements religieux a été établi en 2009-2010 avec 52 dossiers contre 29 pour les personnes avec un handicap qui normalement donnent lieu au plus grand nombre de questions.

Cette tendance s’est depuis renversée. Ainsi en 2015-2016, le Service a reçu deux fois plus de demandes pour des accommodements raisonnables touchant des handicaps que pour des accommodements religieux (57 contre 20).

Source: Le Québec semble bien gérer les questions d’accommodements raisonnables | Le Devoir

ICYMI: Les allophones fréquentent les écoles francophones au Québec: From 15 percent in 1971 to 89 percent

A dramatic shift:

La très grande majorité des élèves dont la langue maternelle est autre que le français ou l’anglais fréquentent les écoles francophones au Québec: au primaire et au secondaire, ils sont passés de 15 à 89 % entre 1971 et 2015, rapporte l’Office québécois de la langue française (OQLF).

«Une progression très marquée», soit six fois plus d’élèves, note l’Office, qui a publié deux rapports vendredi, soit un sur l’enseignement collégial et un autre sur les établissements préscolaires, primaires et secondaires.

L’OQLF relève aussi une hausse importante de près de 20 points de pourcentage depuis 1976 du nombre d’anglophones qui fréquentent l’école en français, cette proportion atteignant même 28 % en 2015.

D’ailleurs, cette année-là, la très grande majorité des élèves du Québec – toutes langues maternelles confondues – apprenaient leur alphabet à l’école en français, soit 90 % de ceux du préscolaire, primaire et secondaire.

Mais cette fréquentation accrue de l’école française n’est pas toujours un choix: ces chiffres s’expliquent en partie par l’adoption par le gouvernement du Québec en 1977 de la Charte de la langue française qui oblige certaines catégories d’enfants à fréquenter l’école en français au primaire et au secondaire. Au niveau collégial toutefois, ils ont la liberté de choisir.

«C’est sûr que le fait que la Charte a été adoptée, et les nouvelles normes pour l’inscription à l’école de la langue française, cela peut être un des facteurs qui a joué», a souligné en entrevue le porte-parole de l’OQLF, Jean-Pierre Le Blanc.

Il est ainsi à noter qu’entre 1986 et 2015, la proportion d’élèves admissibles à l’école anglaise a chuté chez les anglophones et les allophones, respectivement de 12 et de 26 %.

Chez ceux ayant une langue maternelle tierce, la plus grande portion de la hausse de fréquentation de l’école en français est survenue dans les années suivant l’adoption de la Charte, entre 1976 et 1991, est-il noté dans le rapport.

Source: Les allophones fréquentent les écoles francophones au Québec | Stéphanie Marin | Éducation

Statistique Canada minimise le recul du français | Le Devoir

A somewhat complex read on the metholology of official language statistics, arguing that the maternal language, rather than language most used, understates the relative decline of French:

Le poids du français au Québec recule de façon jamais vue, alors que l’anglais s’est mis à progresser. Dans sa récente étude Projections linguistiques pour le Canada, 2011 à 2036, Statistique Canada s’emploie à minimiser cette nouvelle dynamique.

Selon l’étude, le poids du français, tant langue maternelle que langue d’usage, continuerait de chuter rapidement, tandis que l’anglais poursuivrait sa lente progression. Mais le français reculerait nettement moins comme la première langue officielle parlée, ou PLOP, voire pas du tout sur l’île de Montréal.

La PLOP se calcule à partir des données sur la connaissance des langues officielles, la langue maternelle et la langue d’usage. Rappelons que la Commission Laurendeau-Dunton avait jugé que la langue maternelle ne nous renseigne pas sur la langue courante des personnes recensées. Elle avait suggéré d’ajouter une question sur leur langue d’usage à la maison, en précisant que « nous croyons qu’on devrait utiliser [les réponses] par la suite comme base de calcul ».

Statistique Canada a choisi d’accorder néanmoins priorité à la langue maternelle sur la langue d’usage pour répartir les individus en quatre groupes qui ont comme PLOP le français, l’anglais, le français et l’anglais, ou ni le français ni l’anglais. Pour abréger, appelons-les francoplops, angloplops, biplops et niplops.

L’organisme fédéral compte d’abord tout unilingue français comme francoplop et tout unilingue anglais comme angloplop. Parmi les individus restants, qui sont bilingues ou encore ne connaissent ni le français ni l’anglais, il compte comme francoplops ceux qui ont comme langue maternelle le français ou le français et une langue non officielle, et comme angloplops ceux qui ont comme langue maternelle l’anglais ou l’anglais et une langue non officielle. Il fait ensuite de même avec la langue d’usage pour définir d’autres francoplops et angloplops. Enfin, Statistique Canada compte les allophones qui ne connaissent ni le français ni l’anglais comme niplops et compte tous les autres individus non encore répartis comme biplops. La grande majorité des biplops sont des allophones bilingues qui parlent encore leur langue maternelle comme langue d’usage.

Il est instructif de suivre plutôt la Commission Laurendeau-Dunton et d’inverser les étapes de ce calcul qui font appel à la langue maternelle et à la langue d’usage. La PLOP de Statistique Canada compte 7 507 885 francoplops au Canada en 2011. La PLOP Laurendeau-Dunton, qui priorise la langue d’usage, en compte 7 173 425. D’une PLOP à l’autre, leur poids au Canada passe de 22,7 % à 21,7 %.

La différence provient pour l’essentiel de l’anglicisation des francophones. En 2011, le Canada comptait 448 805 individus de langue maternelle française mais de langue d’usage anglaise. Ce sont des francoplops, selon Statistique Canada, mais des angloplops, selon l’approche Laurendeau-Dunton. L’organisme gonfle ainsi le nombre de francoplops au Canada, en particulier à l’extérieur du Québec.

L’anglicisation sévit aussi, toutefois, dans l’île de Montréal, qui compte 59,7 % de francoplops, manière Laurendeau-Dunton, comparativement à 60,6 % selon Statistique Canada.

L’étude nous induit en erreur sur un autre point. Elle redistribue arbitrairement les biplops de façon égale entre francoplops et angloplops. Appelons donc francobiplops et anglobiplops les nouveaux regroupements grossis par ce forcing arbitraire. L’étude affirme que les biplops ne représentent pas plus de 0,5 % de la population, autrement dit que son forcing ne modifie pas de façon significative notre perception des choses.

C’est faux. En 2011, les biplops représentaient au Canada 1,1 % de la population. Au Québec, c’était 3,1 %. Dans la région de Montréal, 5,7 %. Dans l’île, 8,2 %.

Nous sommes maintenant à même de saisir comment l’auteur de l’étude, Jean-Claude Corbeil, a pu prétendre le 26 janvier dernier dans Le Devoir que « si on utilise plutôt la PLOP, on constate que les deux tiers des Montréalais sont plus à l’aise en français [qu’en anglais] ». Et qu’« en 2036, on devrait toujours, selon les divers scénarios, demeurer à ce niveau-là ».

Il faut d’abord faire semblant que la PLOP façon Statistique Canada indique correctement dans quelle langue officielle un individu se sent le plus à l’aise. Cela produit 60,6 % de francoplops pour l’île de Montréal en 2011. Outre ce que donne ainsi la PLOP, proprement dite, il faut ajouter la moitié du 8,2 % de biplops. Cela donne presque 65 % de francobiplops. D’où le « deux tiers ». Puis, on fait de même pour 2036. L’étude ne révèle pas le détail de ses projections, mais elles font sans doute passer les francoplops – même calculés façon Statistique Canada – sous le seuil de 60 %, et hissent en même temps les biplops au-dessus de 10 %. Ce qui donnerait de nouveau quelque 65 % de francobiplops.

Or, en 2011, l’île de Montréal comptait trois allophones bilingues (anglais et français) de langue d’usage anglaise pour deux qui s’étaient francisés. Le temps seul nous dira comment les allophones bilingues se répartiront à l’avenir entre le français et l’anglais. Cela dépendra notamment du rapport de force entre le français et l’anglais, comme langues d’usage. Selon l’étude elle-même, si rien ne change, ce rapport continuerait à se détériorer. Deux choix s’offrent à nous : nous laisser endormir en comptant les francobiplops ou agir pour mettre fin à la dynamique actuelle des langues au Québec.

Source: Statistique Canada minimise le recul du français | Le Devoir

Lisée reproche à Couillard de faire le procès des Québécois

Denial or identity politics?

Le chef du Parti québécois, Jean-François Lisée, a livré une charge à fond de train, lundi, contre le gouvernement de Philippe Couillard, lui reprochant de mettre les Québécois au banc des accusés dans un procès sur le racisme.

M. Lisée réagissait à l’annonce, la semaine dernière, de la nomination d’un comité-conseil devant jeter les bases d’une consultation sur le racisme systémique.

M. Lisée a qualifié l’exercice de «procès en racisme qui va être organisé par l’État québécois contre les Québécois».

Selon le chef péquiste, le gouvernement libéral met en place tous les ingrédients pour faire ce qu’il appelle «une recette pour augmenter le racisme» en voulant se pencher uniquement sur le racisme et la discrimination, tout en refusant de mettre des balises sur les accommodements religieux et les signes religieux.

Le chef péquiste soutient qu’on ne peut «faire reculer le racisme au Québec» sans agir sur ces deux axes en parallèle.

Jean-François Lisée se dit convaincu qu’une consultation sur le racisme systémique ne pourra qu’«attiser le ressentiment de la majorité et soulever la colère de la minorité, parce qu’il y en a du racisme au Québec».

«Que ce soit M. [Justin] Trudeau avec son islamophobie, M. Couillard avec ses déclarations que tous ceux qui sont en désaccord avec lui alimentent la xénophobie, (…) cela fait partie d’un contexte qu’on essaie d’imposer aux Québécois pour les culpabiliser, les stigmatiser», a-t-il dit.

Immigration et religion: Lisée blâme l’inaction de Couillard

Lisée is like a gnat, buzzing around these issues and changing his positions regularly.

A bit rich to blame all Quebec’s integration challenges and issues on Liberal governments, given the role of the PQ in recent years of playing identity politics, one that Lisée has also participated in:

Le gouvernement Couillard est responsable de l’insatisfaction exprimée par plusieurs citoyens quant à l’intégration des immigrants et au port de signes religieux, estime le chef péquiste Jean-François Lisée.

Le chef du Parti québécois a été invité, lundi à Montréal, à commenter les résultats d’un sondage Crop réalisé pour le compte de Radio-Canada.

Ce sondage indique notamment qu’une majorité de gens pensent que le port de vêtements religieux devrait être interdit pour les éducateurs (66%), les personnes en autorité (76%) et les autres employés des services publics (67%).

De même, 57% des Québécois qui ont répondu au sondage jugent que les musulmans sont mal intégrés, soit 38% «plutôt mal» et 19% «très mal». Ils sont 7% à estimer qu’ils sont très bien intégrés et 35%, plutôt bien intégrés.

Interrogé à ce sujet lors d’une conférence de presse à Montréal, après son retour d’un voyage à saveur économique en Europe, M. Lisée a blâmé le gouvernement Couillard et les gouvernements libéraux précédents pour leur inaction en la matière depuis des années.

«Les Québécois sont impatients face à l’incapacité du gouvernement Couillard d’agir sur les signes religieux, sur les accommodements religieux», a conclu M. Lisée.

Il s’est par ailleurs dit heureux de constater que pour bien des questions du sondage, les Québécois ont offert des réponses similaires aux autres Canadiens.

Source: Immigration et religion: Lisée blâme l’inaction de Couillard | Lia Lévesque | Politique québécoise

Le rêve brisé de candidats à l’immigration – change in selection process

Understandable reaction, given retroactivity and that the fees will apparently not be reimbursed:

Rétroactives, les nouvelles règles du ministère de l’Immigration pour sélectionner les travailleurs qualifiés affecteront près de 30 000 dossiers, a appris Le Devoir. Dans le lot, les demandeurs qui ne se qualifieront plus en vertu de la nouvelle pondération de la grille de sélection seront rejetés, sans le remboursement des quelque 1000 dollars payés pour déposer une demande.

« C’est une façon inhumaine de traiter les gens. Ce n’est pas la première fois que le MIDI [ministère de l’Immigration, de la Diversité et de l’Inclusion] utilise cette tactique et qu’il change les règles du jeu. C’est désolant », s’est indigné Jean-Sébastien Boudreault, président de l’Association québécoise des avocats et des avocates en droit de l’immigration (AQAADI). « Ce qui est encore plus troublant et alarmant, c’est que ces gens-là se qualifiaient, ont payé des sommes importantes et ne seront pas remboursés. Ils se voient voler. »

Photo: David Afriat Le DevoirLa ministre de l’Immigration, Kathleen Weill

Sur des forums d’échanges, certains aspirants immigrants crient à la fraude. « Je trouve ça assez honteux de faire ça rétroactivement. Certains vont se retrouver en dessous du seuil et leur rêve et leur argent partiront en fumée… », peut-on lire sur Immigrer.com. « Difficile à avaler. Notre rêve du Québec s’éloigne. On était déjà juste… Alors avec ça… », écrit un Français ayant déposé une demande. « Il risque d’y avoir une ribambelle de rejets à la suite de la mise en place de cette grille. »

Pour l’heure, il est toutefois impossible de dire combien de demandes seront rejetées, faute d’un nombre suffisant de points. Mais selon Jean-Sébastien Boudreault, le ministère profite largement de cette situation. Si 10 000 demandes sont rejetées, le gouvernement aura encaissé « 10 millions sur le dos des immigrants, rien qu’en changeant les règles du jeu », déplore-t-il. L’avocat estime que ces dernières années, le ministère a refusé des « quantités astronomiques » de dossiers. « Ce sont des milliers de dossiers rejetés par année. Des gens voient leur dossier fermé pour des détails ou des changements de règles, dit-il. Ils n’ont aucun recours. »

Nouvelles règles

Ce qui choque tant les candidats à l’immigration dans ce changement de pointage, c’est qu’ils ont déposé et payé leur demande en ayant préalablement mesuré leurs chances d’être sélectionnés grâce à un formulaire d’« évaluation préliminaire » en ligne qui leur permet de calculer leurs points. Ensuite, le travailleur qualifié doit débourser 773 $ et 166 $ pour chaque membre de sa famille, conjoint(e) ou enfant. L’obtention du Certificat de sélection du Québec (CSQ) prend six mois au minimum, parfois plusieurs années.

En vertu des nouvelles règles en vigueur depuis mercredi, qui s’appliquent rétroactivement à toutes les demandes qui étaient en attente de traitement, le système de pointage a été ajusté pour donner plus de points à des personnes parlant le français. En revanche, on attribue moins de points dans certains domaines de formation et plus aucun point pour les candidats ayant un diplôme secondaire professionnel ou un diplôme postsecondaire technique et à ceux détenant une formation dans un domaine recherché au Québec.

Source: Le rêve brisé de candidats à l’immigration | Le Devoir

Canadians have different attitudes on immigrants versus refugees: poll

Two contrasting polls released: the annual IRCC tracking survey and a SOM poll of attitudes in Quebec  (methodologies and questions vary).

Canada-wide results show 52 percent believe the current levels are about right, down from 58 percent a year earlier. The Quebec poll asks this question differently, showing 55 percent are opposed to an increase in immigration levels while 36 percent support an increase.

Starting with the tracking survey:

A newly released federal survey on attitudes towards immigration suggests Canadians are somewhat more enthusiastic about accepting economic migrants than they are about refugees.

While 52 per cent of those polled in the Immigration Department’s annual tracking study felt the right number of immigrants were coming to Canada, 23 per cent thought it was too high.

Meanwhile, 40 per cent felt the right number of refugees was being admitted and 30 per cent thought that figure was too high.

The 2016 survey was done long before immigration and refugee policy became a centrepiece of the U.S. presidential campaign and the eventual new administration of Donald Trump, and before the question of what values immigrants to Canada ought to hold became a centrepiece of Conservative leadership politics here.

So while the data might not reflect how attitudes have shifted since those developments, it’s telling for what it was probing for in the first place, suggested Jack Jedwab, the executive vice president of the Association for Canadian Studies and co-chairman of an upcoming conference on integration and immigration.

“I think what the government is trying to get at is the issue of the extent to which people are more preoccupied by the increase in refugees that’s happening in a lot other places in the world,” he said.

While the survey did suggest some differences in viewpoints on refugees versus other classes of immigrants, Jedwab said they aren’t substantial.

“Right now, we’re seeing globally an effort on the part of elected officials to try to make those distinctions – refugees bad, economic migrants good, that’s the distinction that’s being made in the States to some extent,” he said.

“And I don’t think, based on what we’re seeing now in this poll, that we’re seeing that idea take effect here.”

Pollsters were in field between August 11 to 31, 2016, asking 1,598 Canadians for their opinions on immigration. The survey has a margin of error of 2.45 per cent, 19 times out of 20.

The survey was done ahead of the release of the immigration levels plan, published in October, and also before the federal government received a report from its economic advisory council that would recommend a massive increase in the number of immigrants to Canada, from what had been about 260,000 a year to 450,000.

The survey did probe Canadians’ appetite for an increase. Respondents were asked to what extent they’d support boosting levels of economic immigration by 100,000 people over the next five years and 42 per cent exhibited some level of support for the idea. If the number ratcheted up further to 200,000 over five years, support fell to 38 per cent.

The Liberals eventually nixed any major increase, going instead with a modest uptake in admissions to around 300,000.

While the survey is done annually, not all the questions are repeated each year, making it difficult to compare attitudes over time unless the questions are exactly the same.

There was some crossover between this year and last year’s study.

Fifty-two per cent of those polled in 2016 thought the government is accepting the right number of immigrants, down from 58 per cent of those polled in 2015.

Meanwhile, about 46 per cent of those polled in 2016 felt that refugees have a positive impact on the Canadian economy, up from the 41 per cent who felt that way in the survey done last year.

Source: Canadians have different attitudes on immigrants versus refugees: poll – The Globe and Mail

The Quebec poll:

Une majorité de Québécois est défavorable à l’idée d’accueillir davantage d’immigrants au Canada à la suite des mesures anti-immigration du président américain Donald Trump.

Un sondage SOM publié mercredi par Cogeco Nouvelles précise que 55 % des répondants croient que le Canada ne devrait pas accueillir davantage d’immigrants à la suite des mesures anti-immigration du président américain.

En revanche, 36 % des gens approuvent l’idée d’en accueillir davantage, alors que 9 % se disent indécis.

Les catégories de personnes qui sont les plus favorables à l’idée d’accueillir davantage d’immigrants à la suite des mesures adoptées par l’administration Trump sont les 18-24 ans, dans une proportion de 55 %, ceux qui ont une langue maternelle autre que le français, dans une proportion de 49 %, et ceux qui ont une scolarité de niveau universitaire, dans une proportion de 49 %.

De même, 75 % des personnes interrogées se disent d’accord avec l’idée de resserrer la surveillance aux frontières pour empêcher l’arrivée d’immigrants illégaux.

Les personnes ayant le français comme langue maternelle sont encore plus nombreuses à le penser, soit 79 %.

Seulement 19 % s’opposent à l’idée.

De plus, moins du tiers des Québécois interrogés jugent que le premier ministre du Canada, Justin Trudeau, gère correctement le dossier de l’arrivée au pays des immigrants illégaux, soit 29 % d’entre eux.

La majorité des Québécois dit non à plus de migrants, selon un sondage

Failing Quebec’s Muslims – The New York Times

Patriquin in the NYTimes on Quebec’s ongoing debates:

But the trivialization of anti-Muslim crime and the outright demonization of Muslims, so common on Quebec City’s airwaves, contribute to a poisonous political climate for Muslims across the province.

Quebec’s political class has been embroiled in a decade-long obsession over the place for the province’s religious minorities in society. Because the discussion has focused largely on the Muslim veil, the effect has been further social and economic shunning of Muslims.

Quebec’s National Assembly is debating a bill that would compel much of the public service work force to keep their faces uncovered. The bill, which will probably be approved, comes just over three years after the previous Parti Québécois government tried to pass the Quebec Charter of Values, a more restrictive law that would have banned the wearing of all religious symbols by anyone drawing a provincial government paycheck.

This debate has only grown more intense. Seemingly inconsequential requests — as when, in 2007, a Muslim group asked for pork-free baked beans and a prayer room for a private retreat at one of Quebec’s many “sugar shacks,” where maple syrup is made and feasted upon — have been taken as assaults on Quebec’s vaunted secularism. More recently, the right-of-center Coalition Avenir Québec party said it would seek to ban the “burkini,” the body covering swimsuit worn by some Muslim women, from Quebec beaches. (The party eventually backed down, admitting that such a ban would be difficult to enforce.)

On paper, at least, the Muslims here are well suited for Quebec. Many of them are from North Africa, and are well versed in French, Quebec’s official language. They tend to be well-educated and have large families — a boon for a province with a low birthrate and an aging population.

Yet integrating into society has remained a stubborn problem. Quebec has the highest unemployment rate among recent immigrants to the country, just over 15 percent, nearly four percentage points higher than the national average, according to census data.

There are several reasons behind this high unemployment rate. Roughly 75 percent of Quebec’s immigrant population settles in Montreal, an already competitive job market. The province’s unions and professional organizations have been particularly reluctant to credit job experience at foreign companies, or even to recognize degrees earned at foreign universities. One of the mosque shooting victims, Aboubaker Thabti, was trained as a pharmacist in his native Tunisia. A married father of two, he was working at a chicken slaughterhouse at the time of his death.

The province’s government has promised that remedies are on the way. Last year, the governing Liberals introduced a bill that would streamline the recognition of foreign university degrees and compel professional organizations to more readily accept applicants from non-Canadian institutions. Other provinces have instituted such measures, with varying degrees of success. In Ontario, where most of the country’s immigrants settle, there are still far too many professionals driving cabs and delivering food.

Then there is the thorny issue of who, exactly, is a Quebecer. In the job market, there remains a preference for what is known as “pure laine” Quebecers. The expression — literally “pure wool” — denotes anyone with a Québécois last name and the appropriate skin tone.

“Unfortunately, you’re more likely to get a good job if your name is Lachance than if it’s Hamad,” said Tania Longpré, a researcher and French teacher in Montreal. “The key to integration is the ability to contribute to the economy. Quebec only loses when its professionals are forced to cut chickens.”

Mr. Duhaime, the radio host, has remained largely unrepentant in the wake of the mosque shooting, at one point blaming envious rivals for taking his words out of context. Others have been more contrite.

Sylvain Bouchard, a popular morning radio man, said that he’d failed in his duty to invite members of the city’s Muslim community to his show. “Muslims here are pacifist,” he said.

It was an unexpected show of regret in a medium known for its hot takes and big egos. If only words were the cause, and not just a symptom, of the problem.

Fonction publique: des ingénieurs de l’État issus de l’immigration se disent victimes de discrimination

The ongoing challenge of foreign credential recognition and related barriers:

Le gouvernement Couillard refuse depuis deux ans que des ingénieurs de l’État issus de l’immigration soient payés en fonction de l’expérience qu’ils ont acquise dans leur pays d’origine. Une « hypocrisie », selon leur syndicat, alors que Québec veut faciliter l’intégration des immigrants au marché du travail.

Le 28 août 2015, 23 ingénieurs du gouvernement formés à l’étranger ont écrit au ministre des Transports de l’époque, Robert Poëti, pour demander une révision des politiques de classement du Ministère.

Ils soutiennent que leur expérience à l’étranger n’a pas été considérée par le ministère des Transports du Québec (MTQ) au moment de leur embauche. Ils ont donc été classés dans des échelons salariaux qui ne reflètent pas le nombre d’années de pratique.

DROIT DE PRATIQUE

Ces professionnels ont pourtant réussi tous les tests imposés par l’Ordre des ingénieurs (OIQ) et obtenu leur droit de pratiquer au Québec.

« Nous trouvons que cette situation est inéquitable et ne tient pas compte de l’analyse rigoureuse de nos dossiers qu’a faite l’OIQ et les expériences reconnues par ce dernier pour nous attribuer des permis d’ingénieurs », peut-on lire dans la lettre.

« De plus, elle va à l’encontre des articles 16 et 19 de la Charte des droits et libertés de la personne du Québec », ajoutent les plaignants.

Dans une réponse écrite envoyée en février 2016, la directrice des ressources humaines du MTQ, Brigitte Duchesne, se montre sensible à la situation de ces employés. Elle soutient avoir adressé une « demande formelle » au secrétariat du Conseil du trésor, « de façon à soutenir une éventuelle reconnaissance de [leurs] expériences en génie acquises hors Canada ».

« CHEAP LABOUR », DÉNONCE LE SYNDICAT

Or, un an plus tard, rien n’a bougé, dénonce le président de l’Association professionnelle des ingénieurs du gouvernement (APIGQ), Marc-André Martin.

« Le gouvernement se paye du “cheap labour”, dénonce-t-il. Il est au courant de la situation et il ne fait rien. »

Il cite en exemple le cas d’un ingénieur qui a travaillé pendant cinq ans en Roumanie avant d’immigrer au Québec. Lors de son embauche au ministère des Transports, il a été rémunéré au plus bas échelon salarial, car il venait tout juste d’obtenir son permis de pratique de l’Ordre des ingénieurs. S’il était rémunéré à la hauteur de sa véritable expérience, il gagnerait environ 10 000 $ de plus par année, dit M. Martin.

Source: Fonction publique: des ingénieurs de l’État issus de l’immigration se disent victimes de discrimination | Martin Croteau | Politique québécoise