Des minorités visibles invisibles [municipal elections]

Common to many municipalities in Quebec and elsewhere. Provincial and federal representation generally stronger:

Avec aussi peu d’élus se disant issus de minorités visibles et ethniques, la diversité ne se reflète pas à Montréal, encore moins au Québec. Pourquoi la métropole, si cosmopolite, peine-t-elle encore à attirer des immigrés ? Le Devoir a rencontré trois élus montréalais qui en ont long à dire sur le sujet.

On les appelle les minorités visibles, mais elles sont pourtant presque invisibles dans le lot d’élus au Québec. Le ministère des Affaires municipales et de l’Occupation du territoire ne tient même pas de données statistiques là-dessus, selon ce qu’a appris Le Devoir. À Montréal, sur 103 élus, il y en a désormais 21 qui représentent cette diversité — minorités visibles (6), minorités ethniques (14) et handicapés (1) —, soit 5 de plus qu’aux dernières élections.

On ne fracasse aucun record ici, croit Nathalie Pierre-Antoine, une élue montréalaise d’origine haïtienne. Elle croyait pourtant que la métropole, qui compte 34 % de minorités visibles, allait faire mieux. « On est quand même en 2017 », dit celle qui a été élue pour un second mandat dans l’arrondissement de Rivière-des-Prairies–Pointe-aux-Trembles pour l’Équipe Denis Coderre.

Ce n’est pourtant pas parce que les électeurs ne sont pas prêts, croit-elle. « La preuve, je suis élue », a-t-elle lancé en riant, citant les exemples de Cathy Wong, d’Abdelhaq Sari, de Marie-Josée Parent, qui se dit d’origine autochtone.

Oui, c’est possible

Immigré du Maroc à l’âge d’un an, Younes Boukala, élu conseiller d’arrondissement à Lachine pour Projet Montréal, s’est dit la même chose. Pour le Québécois de 22 ans, musulman et d’origine berbère marocaine, la seule façon de changer les choses était de plonger lui-même. « Les gens me disaient : “Tu as juste 22 ans et tu te présentes ?” Et moi, je leur disais : “Mais ça prend quoi pour se présenter ? Plein de diplômes et un certain âge ?” Il faut juste oser. »

Sur le Plateau Mont-Royal, les habitants du district De Lorimier ont également accueilli à bras ouverts Josefina Bianco, élue pour Projet Montréal comme conseillère d’arrondissement. « Ça ne fait même pas deux ans que je suis Canadienne et j’ai été élue », s’est réjouie la jeune mère italo-argentine, qui vit au Québec depuis sept ans.

Lors de son porte-à-porte, les habitants du quartier n’ont pas manqué de souligner son petit accent espagnol chantant et lui posaient des questions sur ses origines et ses motivations. « Mais j’ai toujours eu un accueil magnifique », dit-elle, consciente que les choses n’auraient peut-être pas été aussi simples dans un autre arrondissement. « La réponse était positive, que ce soit des femmes immigrantes, qui étaient très fières, ou des Québécois. 

Discrimination positive ?

Mais alors, pourquoi si peu de diversité ? D’emblée, il n’y a pas lieu de jeter la pierre aux partis, qui ont fait de grands efforts de recrutement, constate Mme Pierre-Antoine. N’empêche : sur 298 candidats qui se présentaient cette année, 43 (14 %) ont dit appartenir à une minorité visible, ce qui est loin des 34 % de minorités visibles recensées dans la métropole. Toutefois, en tenant compte de ceux qui se déclarent « minorité ethnique » (43 personnes également), ils ont été au total 86 candidats issus de la diversité à se présenter aux élections de dimanche dernier. Sur ce plan, avec 23 % de minorités visibles dans son équipe, Projet Montréal a fait un peu mieux qu’Équipe Denis Coderre, qui n’en avait que 19 %.

Faut-il obliger les partis à la discrimination positive ? « Il faudrait peut-être une formule pour qu’on soit mieux représentés dans les candidatures, mais le choix final appartient aux électeurs », soutient Mme Bianco. Elle préfère croire en l’émulation et en une « vraie » mobilisation citoyenne. Mme Pierre-Antoine est du même avis. « Il y a du pour et du contre concernant les quotas, et c’est vrai que c’est quand on oblige que les choses finissent par arriver plus concrètement. Mais personnellement, je crois qu’il est toujours mieux de sensibiliser avant. »

Intéresser les immigrants

Pour avoir plus de candidats et d’élus issus de la diversité, encore faudrait-il qu’ils aient un intérêt se présenter. « Comme nouvel arrivant, avant de s’impliquer dans la vie politique, on est “en mode” subsistance. On cherche à se loger, se nourrir, à travailler ; l’implication politique n’est pas une priorité », rappelle Mme Bianco, qui a une formation en travail social. « Il y a aussi des immigrants qui viennent de pays aux histoires politiques très difficiles. Pour croire à nouveau en la politique, ça peut leur prendre du temps », ajoute-t-elle, évoquant le passé dictatorial peu reluisant de son pays d’origine.

Avec sa monarchie, le Maroc n’a pas non plus une grande tradition démocratique, souligne Younes Boukala. « Là-bas, on ne se pose pas de questions. C’est le roi qui décide », dit-il. Il a parfois senti une désillusion de la politique de certains de ses concitoyens de Lachine. « Des [personnes issues de] minorités ethniques me disaient “tu vas être un vendu toi aussi” », raconte-t-il. Il leur répondait aussitôt : « Je veux juste vous dire une chose, ce serait quoi mon intérêt à aller en politique à 22 ans ? Mes parents ont beaucoup souffert pour que je puisse réussir et je veux donner cette même chance de réussite aux autres », se rappelle-t-il. « Neuf fois sur dix, leur approche changeait. »

Voter sans citoyenneté

Et si on l’enlevait l’exigence de citoyenneté pour encourager les gens à aller voter au municipal ? N’y aurait-il pas plus de nouveaux arrivants et de gens d’origines diverses en politique active ? La chose mérite qu’on se penche dessus, lance Josefina Bianco. « Il faudrait voir de façon précise avec quel statut on autoriserait le vote, mais c’est vrai que pour quelqu’un qui vit ici, qui paye ses taxes dans la ville, qui a des enfants à l’école et contribue à son quartier, pourquoi pas ? Ça enracinerait davantage les gens. » Younes Boukala abonde dans le même sens. Après tout, les statistiques montrent que plus un individu commence à voter à un jeune âge, plus les chances sont grandes qu’il revote et s’intéresse à la politique. « Et on aurait au moins une chance de diminuer le faible taux de participation au municipal. »

via Des minorités visibles invisibles | Le Devoir

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ICYMI: Les immigrants se regroupent en banlieue comme à la ville

The changing patterns of settlement in greater Montreal:

Plus les années passent, plus les immigrants quittent Montréal pour s’établir dans les couronnes. Mais alors qu’on pourrait croire que c’est parce qu’ils s’intègrent et se fondent de plus en plus dans le paysage socioculturel québécois, le taux de concentration de ces populations demeure assez élevé, même en banlieue.

C’est ce qui ressort d’une mise en forme des données des derniers recensements de Statistique Canada, à deux semaines de la sortie des nouvelles tendances en immigration du recensement de 2016.

La théorie de l’assimilation spatiale prédit une sorte de disparition naturelle de la ségrégation, mais ce n’est pas nécessairement ce qu’on doit conclure en voyant que les immigrants s’installent en banlieue, indique René Houle, chercheur pour Statistique Canada.

« C’était le point de départ de notre étude. Avec la théorie de l’assimilation spatiale, on pouvait s’attendre à ce que les immigrants et les enfants des immigrants aient tendance à se disperser, mais ça ne marche pas comme ça », souligne-t-il.

Le chercheur, qui s’est intéressé à l’origine des immigrants et à leurs mouvements sur le territoire canadien, a mesuré l’indice de dissimilarité, soit la tendance des populations à se concentrer ou à se disperser sur le territoire. Son constat ? Les immigrants qui migrent hors de la métropole vont avoir tendance à se reconcentrer ailleurs. « Ce n’est pas parce que les immigrants vont en banlieue qu’ils se dispersent. »

Les Français, États-Uniens et Portugais seraient parmi les plus dispersés, alors que les Philippins, les Indiens et les Grecs seraient des populations plus concentrées.

Quartier homogène

Il serait toutefois hasardeux de conclure à une certaine ghettoïsation, soutient la sociologue à l’INRS-Urbanisation Annick Germain. « Dans l’image populaire, la concentration, ça renvoie à un cas de figure où il n’y a que des gens d’une même origine qui vivent dans le même voisinage. Or, ce n’est pas ce dont on parle. »

Si certains regroupements peuvent se faire en raison d’affinités linguistiques, c’était surtout au siècle dernier que les immigrants, notamment d’origine européenne, avaient tendance à s’installer dans un quartier plus homogène. Pour démontrer les réelles tendances à la co-ethnicité, il faudrait des analyses plus poussées, ajoute-t-elle.

Les immigrants, ces banlieusards

René Houle remarque que l’engouement pour la banlieue croît proportionnellement au nombre d’années passées au Québec. Même si les immigrants nouvellement arrivés s’installent d’abord à Montréal, « [la métropole] se vide pratiquement après trois générations ou plus », constate-t-il. Le prix élevé des loyers est un facteur, pas seulement pour les immigrants, d’ailleurs.

Fait intéressant : de manière encore très marquée, les immigrants s’établissent selon le fameux axe « est-ouest » du boulevard Saint-Laurent, selon leur affinité avec le français ou l’anglais. Un axe semble se prolonger de façon imaginaire dans les banlieues comme Laval et Longueuil, orientant l’installation de la même manière.

Source: Les immigrants se regroupent en banlieue comme à la ville | Le Devoir

Laïcité: Lisée en «désaccord total» avec Coderre

More on Quebec Bill 62 debates:

Le maire de Montréal, Denis Coderre, tente «d’utiliser le statut de la métropole pour (se) soustraire aux lois de l’Assemblée nationale», ce qui fait craindre une «dérive malsaine», accuse le chef du Parti québécois, Jean-François Lisée.

Dans une lettre ouverte publiée sur Facebook jeudi et intitulée «Montréal fait partie du Québec», le leader péquiste reproche à M. Coderre sa sortie au sujet du projet de loi sur la neutralité religieuse de l’État, mercredi.

Le maire s’oppose à ce que législation s’applique à Montréal, plaidant que la métropole «est autonome et a sa gouvernance». Il rappelle que le gouvernement Couillard a promis d’accorder plus d’autonomie à la Ville – un projet de loi en ce sens a déjà été déposé – et de la consulter avant l’adoption de toute loi. Le projet de loi 62 risque de forcer la métropole à refuser des services aux citoyens, selon lui. Il fait allusion à la disposition visant à faire en sorte que les services publics soient donnés et reçus «à visage découvert».

Jean-François Lisée se dit «partisan d’une réelle décentralisation des pouvoirs et d’un statut pour la métropole», mais il croit que le maire va trop loin. «Je dois (…) exprimer mon désaccord total avec votre tentative d’utiliser le statut de la métropole pour vous soustraire aux lois de l’Assemblée nationale portant sur la laïcité et le vivre-ensemble. Monsieur le maire, Montréal fait partie du Québec. Les Montréalais sont membres de la nation québécoise», écrit M. Lisée, dont le parti est par ailleurs insatisfait du projet de loi 62 du gouvernement Couillard.

«Vos déclarations de cette semaine font craindre une dérive malsaine, ajoute-t-il. Souhaiterez-vous demain soustraire Montréal de certaines dispositions actuelles ou futures de la loi 101? Du Code du travail? Du Code criminel?»

Les arguments du maire sur «l’inapplicabilité» de certaines dispositions du projet de loi sont «valides», et seront soulevés par l’opposition au parlement. «Mais les décisions concernant l’avenir de la nation sont prises à l’Assemblée nationale. Montréal a droit au respect. L’Assemblée nationale aussi», soutient-il.

Le maire Coderre avait également critiqué le projet de charte des valeurs du gouvernement Marois.

Source: Laïcité: Lisée en «désaccord total» avec Coderre | Tommy Chouinard | Politique québécoise

Neutralité religieuse: Montréal et Québec disent non | Le Devoir

Ongoing debates. As in the past, Quebec municipalities where most new Canadians live, have the most concerns regarding the Bill:

Les Villes de Montréal et de Québec ne veulent pas être assujetties au projet de loi sur la neutralité religieuse. Le maire Denis Coderre refuse de se faire dicter ce qu’il doit imposer à ses employés.

La ministre de la Justice, Stéphanie Vallée, a étendu la portée du projet de loi 62 en déposant un amendement à l’ouverture de son étude détaillée mardi.

L’article le plus discuté de cette pièce législative stipule que les services publics doivent être offerts ou reçus à visage découvert. Une disposition controversée qui prévoit tout de même des exceptions, puisqu’une personne peut faire une demande d’accommodement pour un motif religieux.

« Ce n’est pas le gouvernement, quel qu’il soit, qui va nous dire comment vont se vêtir nos employés, comment on va rendre nos services », a affirmé M. Coderre mercredi matin.

La métropole est concernée au premier chef, puisqu’une partie significative de sa population est immigrante. Le maire de Montréal a dit craindre que les nouvelles règles forcent la Ville à refuser des services à certains citoyens : « Quand quelqu’un qui a un niqab arrive avec ses enfants, on va lui dire : “Tu ne rentreras pas dans l’autobus ?” ou bien “On ne te donnera pas les services ?” »

L’amendement prévoit en effet que la « neutralité religieuse » doit s’étendre aux élus municipaux et aux employés des villes, ainsi qu’aux travailleurs, visiteurs ou utilisateurs des musées et des transports en commun.

Mardi, la ministre Vallée n’avait pas voulu « analyser chaque cas d’espèce ». La mise sur pied d’un comité de travail regroupant représentants du milieu de la santé, de l’éducation et des municipalités est prévue entre l’adoption de la loi et son entrée en vigueur.

Plusieurs aspects demeurent en effet « nébuleux », a quant à elle affirmé la mairesse de Longueuil, Caroline St-Hilaire.

Invitée à commenter l’assujettissement au projet de loi 62, Mme St-Hilaire a dit ne pas être en mesure d’en « cerner tous les tenants et les aboutissants », même s’il apparaît qu’il aura « des impacts significatifs sur nos institutions ».

D’accord sur certains aspects

Sur le fond de la question, le maire Coderre a réitéré qu’il est d’accord avec l’obligation pour les employés de l’État de fournir des services à visage découvert.

Quant à la Ville de Québec, elle répète qu’elle a fait connaître son désaccord sur la question de l’assujettissement à la loi. Dans une lettre adressée à la ministre Vallée en novembre 2016, le maire Régis Labeaume écrivait qu’il refuse « que l’on refile la patate chaude aux municipalités en leur demandant de faire respecter des règles qui s’avèrent inapplicables ».

L’Union des municipalités du Québec (UMQ) compte remettre ce dossier à l’ordre du jour de la prochaine réunion de son conseil d’administration. L’UMQ n’avait pas participé à la commission parlementaire l’automne dernier, préférant ne pas prendre position et s’en remettre à ses membres.

La Ville de Québec déplore en outre le fait de n’avoir été consultée qu’après la rédaction du projet de loi, de ne pas avoir pu participer à son élaboration.

Le cabinet de la ministre de la Justice affirme cependant que plusieurs échanges avec Québec et Montréal ont eu lieu, notamment des conversations entre Mme Vallée, M. Labeaume et M. Coderre.

L’amendement au projet de loi 62 a été adopté à l’unanimité par les parlementaires mardi lors de l’étude détaillée.

Source: Neutralité religieuse: Montréal et Québec disent non | Le Devoir

Demandeurs d’asile: la communauté haïtienne ébranlée

Activists (and opposition members) always complain that not enough being done with limited recognition of the operational challenges involved. But that is the role they play in society:

Pourquoi avoir utilisé le Stade olympique ? Pourquoi des tentes ? Les gouvernements canadien et québécois n’auraient-ils pas pu faire mieux ?

Pour des Haïtiens réunis en colloque hier à Montréal-Nord à l’initiative de jeunes leaders de leur communauté, l’arrivée importante de migrants a été très mal gérée et la réaction gouvernementale, choquante.

« L’idée d’utiliser le Stade olympique a donné l’impression que le Québec était sous le coup d’une invasion », a dénoncé hier Frantz André, porte-parole du Comité d’action des personnes sans statut.

M. André, qui s’est rendu à Saint-Bernard-de-Lacolle, dit avoir été tout aussi choqué par toutes ces tentes qui ne font que replonger les Haïtiens « dans le traumatisme du tremblement de terre de 2010 ».

Amir Khadir, député de Québec solidaire, était présent au colloque. Lui non plus ne comprend pas que l’accueil des migrants soit aussi chaotique. « Nous avons de multiples édifices publics qui pourraient les héberger, notamment des hôpitaux vides. Je ne comprends pas qu’on n’ait pas recours à ces bâtiments et qu’on laisse les migrants à la frontière, dans des tentes, loin de la communauté qui est toute prête à offrir son soutien. »

À son avis, les gouvernements doivent envoyer des messages sans équivoque, « sans gêne et avec diligence », et démontrer qu’ils ne plient pas devant le ressentiment de certains.

Sacha-Wilky Merazil, qui s’est exprimé à titre de citoyen, a fait un vibrant plaidoyer pour les migrants « qui ont tout laissé dans l’espoir d’une vie meilleure. Ces gens ne s’attendent pas à une faveur, mais à ce qu’on les accueille dignement ».

FAUSSES RUMEURS ET COMMENTAIRES HAINEUX

Au micro, de nombreux intervenants ont corrigé certaines fausses perceptions, rappelant notamment que le fait que Montréal ait le statut de « ville sanctuaire » a été mal interprété.

La réalité, a dit Daphney Laraque, c’est que ce statut donne essentiellement aux migrants la possibilité d’avoir recours à certains services publics, d’envoyer leurs enfants à l’école, par exemple.

« Ça ne veut pas dire qu’on y est accueilli sans restriction. Ceux qui arrivent ici risquent tout aussi bien d’être arrêtés et expulsés. »

Mme Laracque a ensuite rappelé que chaque dossier est analysé à la lumière des règles en vigueur.

Les fausses rumeurs de toutes parts ont donc donné l’illusion aux uns que le Canada accueillait chacun à bras ouverts, et aux autres que le pays était une passoire, ce qui a valu à la communauté haïtienne son lot de commentaires haineux.

« Le racisme exprimé à l’égard de la communauté haïtienne sur les réseaux sociaux est inacceptable, a dit en entrevue Émilie Nicolas. Ce racisme témoigne certes du fait que la droite anti-immigration est de plus en plus organisée au Québec. Heureusement, beaucoup de Québécois prennent la peine de dire haut et fort qu’ils sont opposés à ce discours et ça, c’est important. »

Source: Demandeurs d’asile: la communauté haïtienne ébranlée | Louise Leduc | Actualités

Services d’immigration: hausse importante des vérifications policières | Montréal

The limits to the “sanctuary city” designations:

Malgré la désignation récente de Montréal à titre de «ville sanctuaire», les contacts des policiers avec les autorités fédérales pour vérifier le statut d’immigration de personnes interceptées pour diverses infractions ont augmenté de façon marquée depuis le début de l’année, et de 67% en moyenne depuis 2014.

Au cours de la même période, les policiers de Toronto ont réduit de 20% leurs vérifications auprès de l’Agence des services frontaliers du Canada (ASFC), tandis qu’elles ont été à peu près stables à Vancouver, révèlent des documents obtenus par La Presse en vertu de la Loi sur l’accès à l’information.

Selon l’assistant-directeur du Service de police de la Ville de Montréal, Daniel Touchette, cette hausse est due à l’amélioration des communications avec l’Agence des services frontaliers du Canada, notamment grâce à l’implantation d’une ligne téléphonique directe, dans le but de mieux combattre la criminalité ayant des ramifications internationales.

Même en cas de délit mineur, comme traverser la rue à un endroit interdit ou prendre le métro sans payer, ces vérifications peuvent entraîner l’arrestation d’un individu, sa détention et parfois son expulsion, si les policiers constatent qu’il se trouve au Canada illégalement. Il sera alors remis aux autorités frontalières.

Des victimes d’actes criminels qui font appel à la police pour être protégées peuvent elles-mêmes être arrêtées si les agents découvrent, en contrôlant leur identité, que leur statut n’est pas en règle, indique Daniel Touchette, confirmant ainsi ce que dénoncent les organismes qui viennent en aide aux sans-papiers.

Quelle protection offre la «ville sanctuaire»?

Cette question est au coeur des débats entourant la décision de Montréal de se donner le statut de «ville sanctuaire», en février dernier. Ce statut est censé permettre aux immigrants sans statut légal d’obtenir n’importe quel service municipal, incluant l’aide des policiers, sans crainte d’être dénoncés aux autorités frontalières.

Les policiers ne devraient jamais s’enquérir du statut d’immigration de qui que ce soit, sauf en cas d’infraction criminelle, selon les organisations qui travaillent avec les personnes sans papiers.

«On ne fait aucune vérification aléatoire de statut d’immigration, répond Daniel Touchette. Mais l’ASFC peut être un outil pour nous permettre de vérifier l’identité d’une personne. Et si on voit un mandat d’arrestation dans la banque de données, on a une obligation légale d’appliquer.»

Pourtant, l’Association canadienne des chefs de police (ACCP) affirme que les policiers ne se préoccupent pas du statut d’immigration, sauf en cas d’infraction criminelle ou autre raison valable. L’ACCP reconnaît que «les victimes, témoins et plaignants cherchent l’assurance que s’ils doivent faire appel aux services policiers, leur statut d’immigration ne sera pas une préoccupation», a-t-elle fait savoir dans une déclaration envoyée par courriel, tout en précisant ne pas avoir de position officielle sur la question des villes sanctuaires.

Source: Services d’immigration: hausse importante des vérifications policières | Isabelle Ducas | Montréal

Anti-Islam Protesters Rip Qur’an At Ontario School Board Meeting

Certainly qualifies as Islamophobia under any definition. Image the outrage if the Torah or Bible was ripped apart:

Anti-Islam protesters ripped a Qur’an and walked over its torn pages during an Ontario school board meeting Wednesday evening, as they demanded that Muslim students be banned from praying at school.

At the meeting — held by Peel District School Board in Mississauga, Ont. — a group of enraged parents pressed the board to end religious accommodation. They presented a petition signed by 600 people that wants to stop students from gathering at school for about 15 minutes each Friday for Jummah prayers.

The meeting derailed when the school board, which must provide accommodation under the Ontario Human Rights Code, said they would not address the issue at this meeting.

A spokesman from the school board, Brian Woodland, told The Globe and Mail about 80 people attended the meeting and shouted some “fairly horrific” Islamophobic comments.

“I was actually deeply shaken by what I heard. I’m not sure I’ve ever in my life seen this level of hatred,” he said.

In a Twitter video posted by a Vice News reporter Tamara Khandaker, protesters can be heard yelling across the room.

“Islam will kill you,” a man shouts at one point.

Police eventually intervened, and the trustees proceeded with a closed-door meeting.

The Ontario government, which unanimously passed an anti-Islamophobia motion last month, spoke out against the hate speech Thursday.

“Ontario schools are places that must be beacons of equity and inclusivity. All students must feel that they belong in school and that they feel safe when they are there,” Education Minister Mitzie Hunter said, according to CBC News.

Source: Anti-Islam Protesters Rip Qur’an At Ontario School Board Meeting

And equally disturbing, from the other side of the divide:

A Montreal mosque is facing a police complaint and rebukes from the larger Muslim community after a video of an imam delivering a sermon in which he asks for Jews to be killed surfaced online.

The sermon took place at the Dar Al-Arqam Mosque in the city’s Saint-Michel neighbourhood on Dec. 23, 2016.

The video was posted to the mosque’s YouTube channel three days later. The imam in the video is Jordanian cleric Sheikh Muhammad bin Musa Al Nasr — he was reportedly an invited guest of the mosque.

In the video, the imam says in Arabic, “O Muslim, O servant of Allah, O Muslim, O servant of Allah, there is a Jew behind me, come and kill him.”

Part of the phrase references an Islamic hadith, which interprets the words and actions by the Prophet Muhammad.

CBC independently verified the speech and its translation.

CBC Montreal has reached out to the Dar Al-Arqam mosque for comment and was told no one was available.

Accused of inciting violence

The video was brought to the attention of B’nai Brith Canada, which filed a complaint with Montreal police on Monday.

The organization said it is totally unacceptable that a mosque would allow this to go on.

“This is inciting violence, and this is inciting radicalization,” said Harvey Levine, regional director of B’nai Brith in Quebec.

“It’s against the law and has to be stopped,” he said, adding that the complaint was filed with the Montreal hate crimes unit.

Montreal police confirmed they received a complaint, but would not provide any more information.

Mosque should apologize, says Muslim council

The president of the Muslim Council of Montreal, Salam Elmenyawi, wants to know why the imam was invited. He says the mosque should apologize.

He added that the Dar Al-Arqam Mosque is not one of the more than 40 institutions the council represents.

Imam Ziad Asali of the Association of Islamic Charitable Projects told CBC Montreal’s Daybreak Thursday that he was also mystified as to why the cleric was invited to preach.

“I do not understand how this person was invited to come and give a sermon and spread this hatred in Montreal against any community,” he said.

The hadith is one of more than 100,000 that are written in many books, some of which are considered authentic, while others are not, said Asali.

“To use the themes of the Prophet to spread hatred is actually something that is disrespectful towards the Prophet himself,” Asali said.

There are mosques in Montreal, the imam said, that embrace a more extremist message.

“These people, not only do they show hatred towards non-Muslims, they even show hatred to us Muslims,” he said.

Source: Imam calling for Jews to be killed in sermon at Montreal mosque draws police complaint

Les ultraorthodoxes font leurs devoirs

Slow process getting to this point but the change appears to be accepted and in some cases, welcomed within the community:

Las de devoir se battre avec Québec chaque année pour le renouvellement de leur permis, plusieurs écoles juives ultraorthodoxes se sont finalement résolues à faire accréditer leurs professeurs qui enseignaient jusqu’alors sans brevet. Une première vague de professeurs s’apprêtent à obtenir leur diplôme du programme de formation des maîtres de l’Université du Nouveau-Brunswick. Une expérience qui porte des fruits, comme a pu le constater Le Devoir.

« C’est un petit miracle, résume le directeur général du Centre Bronfman de l’éducation juive, Shimshon Hamerman, en entrevue au DevoirTraditionnellement, les communautés ultraorthodoxes ne suivent pas les études laïques […]. Mais les conseils d’administration des écoles ont compris qu’ils ne pourraient pas avoir de permis — et certainement pas un permis à long terme — si leurs professeurs n’avaient pas le brevet. Ils voulaient vraiment respecter la loi. »

Par l’entremise du Centre Bronfman, les directeurs d’écoles des communautés juives ultraorthodoxes ont contacté différentes universités québécoises. Mais selon leurs dires, il était difficile d’obtenir la flexibilité requise pour ce projet, car les élèves travaillent déjà comme professeurs à temps plein dans les différentes écoles associées à leur communauté religieuse.

Shashana R., Sarah Klein et Chana Biegeleisen suivent une formation de l’Université du Nouveau-Brunswick pour obtenir leur brevet en enseignement.

Ils se sont donc tournés vers l’Université du Nouveau-Brunswick, qui offre un programme de baccalauréat en enseignement adapté aux horaires des participants. Depuis quatre ans, une fin de semaine par mois, un professeur est dépêché à Montréal pour offrir une formation intensive. Des périodes d’enseignement sont aussi prévues pendant les vacances estivales et autres congés scolaires. Les soirs et les fins de semaine, les étudiants bénéficient de formations en ligne. Ils devraient obtenir leur diplôme en juin prochain.

« Ça coûte beaucoup plus cher que s’ils étudiaient dans une université locale, mais c’est la preuve de leur engagement à vouloir se conformer aux exigences ministérielles, plaide M. Hamerman. Les professeurs payent de leur poche pour obtenir cette formation qui leur donne accès au brevet d’enseignement de Québec en vertu d’une entente de reconnaissance mutuelle entre les gouvernements du Québec et du Nouveau-Brunswick. »

Former les professeurs

Dans un petit local surchauffé du Centre des enseignants de la Torah Umesorah, sur l’avenue du Parc, une trentaine d’élèves tentent de répondre à la leçon du jour : « Quel est le rôle de l’éducation ? » Les femmes, majoritaires, sont assises à l’avant. Certaines bercent leurs nouveau-nés tout en prenant des notes. « Elle peut rester tant qu’elle n’est pas tannante », blague la maman d’un poupon de neuf semaines. Les hommes restent en retrait derrière une bibliothèque qui fait office de paravent virtuel.

Photo: Jacques Nadeau Le DevoirUne classe d’élèves au travail

« Les parents sont de plus en plus exigeants quant à l’éducation laïque que reçoivent leurs enfants, alors il faut que je sois à la hauteur de leurs attentes », explique en entrevue Avrohom Biegeleisen, qui enseigne depuis 12 ans à la Yeshiva Gedola. Sa femme, Chana, professeure et mère de 10 enfants, suit également la formation. « Ça m’aide beaucoup, notamment dans la façon d’organiser mes cours. »

Professeure à l’école des filles de la communauté Skyer, Perel Brewer affirme que cela demande beaucoup d’efforts, mais que ça en vaut la peine : « Ce qui est génial, c’est que je n’ai pas besoin d’attendre quatre ans pour mettre en application les enseignements. Ce que j’apprends ici aujourd’hui, je peux l’appliquer dès demain dans ma classe. »

Sarah Klein, qui enseigne également à la Yeshiva Gedola, ne s’en cache pas : elle est une « meilleure professeure » depuis qu’elle suit le programme de formation des maîtres. Elle bénéficie d’une « tolérance » du ministère de l’Éducation, mais elle sait que son brevet va faire une « grande différence » aux yeux de Québec. La jeune femme s’y connaît en matière d’exigences gouvernementales. Le matin, elle enseigne aux enfants de la maternelle et l’après-midi, elle travaille à des tâches cléricales, qui consistent en grande partie à remplir des formulaires pour le gouvernement en vue du renouvellement du permis.

Source: Les ultraorthodoxes font leurs devoirs | Le Devoir

Montreal mosque facing calls for investigation after imam preaches on anti-Semitic conspiracy theories

Disturbing.

Prayer leader in question has been suspended and his remarks denounced by NCCM but local mosque authorities, like any local religious authorities, need to ensure that prayer leaders do not engage in hate speech:

A Montreal mosque where an imam had prayed for Jews to be killed “one by one” is facing fresh calls for an investigation after more videos surfaced online showing anti-Semitic preaching.

The Middle East Media Research Institute released a video on Tuesday of sermons in which an imam at the Al Andalous Islamic Centre conveyed conspiracy theories about Jews, their history and their origins.

Sheikh Wael Al-Ghitawi is shown in the video clips claiming that Jews were “people who slayed the prophets, shed their blood and cursed the Lord,” reported MEMRI, which translated the Friday sermons.

MEMRI

MEMRI

The imam went on to say Jews were the descendants of “Turkish mongols” and had been “punished by Allah,” who made them “wander in the land.” He further said that Jews had no historical ties to Jerusalem or Palestine.

The view conveyed by the imam has typically been used to deny that Jews have a connection to the land of Israel, said Rabbi Reuben Poupko, co-chair of the Quebec branch of the Centre for Israel and Jewish Affairs.

 “This is a bizarre strain of radical propaganda. It appears in the writings of Hamas and other groups like it and claims to debunk Jewish history,” said the rabbi, who said it was “unseemly” to use a religious service to propagate hate.

He said he did not believe such views, as well as the “deeply troubling” earlier calls to violence, were supported by the broader Muslim community “but its presence in this mosque needs to be investigated.”

The videos were posted on YouTube in November 2014. The centre was already in the spotlight over an August 2014 video that showed an imam asking Allah to “destroy the accursed Jews,” and “kill them one by one.”

In a press release last week concerning the August 2014 video, the mosque administration blamed “clumsy and unacceptable phrasing” by a substitute imam, whose wording was “tainted by an abusive generalization.” The mosque could not be reached for comment about the most recent video.

“If you examine the annals of history you will see that the Jews do not have any historical right to Palestine,” Al-Ghitawi said in the latest video. He claimed there was “not a single Jew in Jerusalem and Palestine” for lengthy periods.

“Jerusalem is Arabic and Islamic,” he said at a separate sermon. “It is our land, the land of our fathers and forefathers. We are the people most entitled to it. We will not forsake a single inch of this land.”

On Monday the National Council of Canadian Muslims denounced the “incendiary speech” in the earlier Al-Andalous video, as well as a 2016 sermon at a Toronto mosque about the “filth of the Jews.”

The Muslim Association of Canada, which is affiliated with the Toronto mosque, has apologized and said it had suspended the prayer leader in question and launched an internal investigation into the incident.

Diversité et emploi: la piètre performance de la Ville de Montréal | Bouazza Mache

Bouazza Mache on the ongoing lack of representation in Montreal with respect to the municipal government (Montreal is 32 percent visible minority, Montreal CMA is 20 percent):

Encore une énième recherche qui démontre par l’absurde que les immigrants, souvent plus diplômés, sont les plus touchés par le chômage, en particulier dans la ville la plus colorée du Québec. Ainsi, nous apprenons dans cette étude, menée par l’Institut du Québec (IdQ), en collaboration avec la Chambre de commerce du Montréal métropolitain (CCMM) et Montréal International (MI), que « les immigrants sont plus instruits, mais chômeurs ».

Plusieurs recherches et enquêtes ont montré auparavant, par les chiffres et à coup d’investigations, que c’est devenu une réalité criante. Il y a eu même des études sectorielles sur le thème, comme la présence de la diversité dans les médias, dans le système de l’éducation ou encore, la situation des femmes racisées. Et à chaque fois, les résultats vont dans le même sens, négatif.

Il y a 18 mois, je soulevais le caractère folklorique de gérer la diversité à Montréal, en particulier en ce qui a trait à l’emploi. Et six mois plus tard, en janvier 2016, j’ai demandé au maire Coderre de prêcher la diversité par l’exemple, en mettant à niveau la représentativité des minorités visibles dans les effectifs municipaux, et de publier les résultats du plan d’action en accès à l’égalité en emploi de 2013-2015.

Or, je viens de découvrir qu’un « plan d’action pour la diversité en emploi 2016-2019» a été publié en mai 2016 par la Ville de Montréal, sans faire trop de bruit. Ce document expose sommairement les réalisations des plans précédents et élabore les objectifs pour 2019.

Les réalisations de l’administration Coderre ne sont nullement reluisantes: le pourcentage des minorités visibles dans l’effectif municipal peine à dépasser le cap des 12% (en 2015). Dans certaines catégories d’employés, il demeure très difficile de recruter auprès des groupes visés par le plan en accès à l’égalité en emploi. C’est le cas des cadres/contremaitres et du personnel pompier.

Mais le problème ne se limite pas uniquement aux demandeurs d’emploi. Il frappe aussi de plein fouet celles et ceux qui ont décidé de se lancer en affaires. Les réseaux fermés et l’accointance avec les décideurs (acheteurs) constituent un obstacle majeur face à la pénétration des marchés publics.

La faute à qui?

En premier lieu aux gouvernements qui se sont succédé et qui ont préféré gaver les statistiques pour faire contrepoids à un reste-du-Canada « menaçant », sans tenir compte des réalités sociale et économique. On dirait que la politique d’immigration a été en décalage total avec la société et le milieu des affaires.

La stigmatisation récurrente de certains politiciens et acteurs médiatiques envers certains groupes minoritaires envoie également un mauvais message aux employeurs qui hésitent à embarquer dans différents plans de recrutement.

Résultat : une ou deux générations d’immigrants, arabes et musulmans en particulier, laissées pour compte.

Source: Diversité et emploi: la piètre performance de la Ville de Montréal | Bouazza Mache