Les immigrantes victimes de violence conjugale sont mal protégées par l’État, selon les maisons d’hébergement

One of the harder issues to address given the difficulties for many immigrant women to report abuse or leave their spouse, and the resulting risk of deportation:

Souvent brimées par leur conjoint les parrainant et menacées de déportation, les immigrantes victimes de violence conjugale sont mal protégées par l’État québécois, déplore la Fédération des maisons d’hébergement pour femmes (FMHF).

Lors de la commission parlementaire qui porte sur la planification de l’immigration au Québec pour la période 2017-2019, la directrice de la fédération, Manon Monastesse, et sa coordonnatrice Marie-Hélène Senay ont décrit la situation d’immigrantes qui ne connaissent ni le français ni l’anglais et qui se réfugient dans une maison d’hébergement pour échapper à un conjoint violent ou encore à leur proxénète. Ces femmes risquent la déportation si elles quittent avant une période de deux ans leur conjoint les parrainant. Les immigrantes qui sont dans une situation jugée irrégulière par Immigration Canada — le visa que leur a procuré leur conjoint étant expiré, par exemple — risquent d’être dénoncées par ce dernier.

En novembre dernier, la FMHF a produit une étude financée par le ministère de l’Immigration, de la Diversité et de l’Inclusion (MIDI) sur l’adaptation de l’intervention et des services fournis aux immigrantes par les maisons d’hébergement. « Certains statuts d’immigration ou, pire, l’absence de titre de séjour confinent les femmes dans des situations de grande vulnérabilité. C’est le cas des femmes parrainéesqui sontdès lors, complètement dépendantes du conjoint. […] Cette situation laisse libre cours au contrôle du conjoint violent, qui détient l’ultime menace de la dénonciation menant à la déportation si la femme ne se conforme pas à ses exigences », peut-on lire dans le rapport de 86 pages.

Manon Monastesse a cité entre autres le cas de cette immigrante déportée qui a dû laisser derrière elle son enfant, qu’elle allaitait encore et que la Cour a confié au conjoint québécois qui l’avait dénoncée. « Les cas qu’on vous présente, ce ne sont pas des cas anecdotiques. C’est le quotidien qu’on voit », a-t-elle dit aux parlementaires.

Pas d’engagement de la ministre Weil

Elle a plaidé pour que l’État mette en place un mécanisme de suivi des immigrantes parrainées et de leur conjoint. « C’est inacceptable, ici au Québec, que des femmes soient enfermées pendant des années sans aucun contact avec la société », a-t-elle dénoncé. Dans certains cas, le parrain — un bon citoyen québécois — prend à sa charge plus d’une immigrante. « On voit de plus en plus d’hommes québécois se chercher des femmes soumises, a-t-elle révélé. Nous, on les voit : la numéro un, la numéro deux, la numéro trois. On s’aperçoit que c’est le même conjoint. »

La directrice du FMHF a aussi proposé que l’État suspende les procédures d’expulsion des immigrantes victimes de violence. « Il n’y a pas de mécanisme pour les protéger pendant qu’elles s’affranchissent d’un contexte de violence », a-t-elle fait observer.

Source: Les immigrantes victimes de violence conjugale sont mal protégées par l’État, selon les maisons d’hébergement | Le Devoir

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About Andrew
Andrew blogs and tweets public policy issues, particularly the relationship between the political and bureaucratic levels, citizenship and multiculturalism. His latest book, Policy Arrogance or Innocent Bias, recounts his experience as a senior public servant in this area.

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